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[Retour sur] Café des Sciences de la Transition Écologique : Reconnexion au vivant

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  • Le 08 juin 2026
    La Maison du Lac de Grand-Lieu, rue du Lac – 44830 Bouaye
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Le lundi 8 juin 2026, La Maison du Lac de Grand-Lieu a accueilli la sixième édition du Café des Sciences de la Transition Écologique de Nantes Université. Une soirée de médiation scientifique autour de la question de la reconnexion au vivant qui a rassemblé élu·es, grand public et chercheuses. La mission CST vous raconte.



La pluie a cessé juste à temps pour l’arrivée des publics. Les portes de la Maison du Lac de Grand-Lieu, à Bouaye, sont ouvertes à 18h30. Les participants au Café des Sciences de la Transition Écologique arrivent au compte-goutte. S’attendant peut-être à une conférence, elles et ils s’excusent d’être en retard. « Les bouchons », « la sortie du boulot », « une journée bien chargée » sont autant de raisons valables. Plutôt que de se presser pour participer à une discussion savante, elles et ils se voient proposer une première activité : profiter du jardin le temps que tout le monde soit là. Munis d’un livret leur proposant des activités sensorielles, le public explore le jardin, écoute les oiseaux et les grenouilles, touche des feuilles piquantes ou velues. Le livret contient également quelques questions pour que chacune et chacun s’interroge sur son territoire, son lien personnel au vivant non humain, sa capacité de choix et d’action. Ralentir d’abord, penser ensuite. Voilà la proposition faite pour cette édition.


Des supports de médiation pour s'ancrer dans le moment présent et pour favoriser la participation des publics. Ralentir d'abord, penser ensuite.

Sous le soleil de la fin de journée, la trentaine de participants (public comme chercheuses) se regroupe pour une seconde activité : une mise en mouvement pour faire connaissance et mettre en commun. En se déplaçant dans l’espace, le groupe s’est positionné sur la question de son territoire de cœur, sur sa connexion au vivant, sur son état émotionnel face à la crise climatique et l’effondrement de la biodiversité. Ce moment ludique dans sa forme, sérieux sur le fond, prépare la suite : faire de la discussion un temps de partage convivial et horizontal où le doute, la confiance, l’humour et la bienveillance ont toute leur place malgré le poids du sujet abordé.

Puis vient le moment central du Café des Sciences de la Transition Écologique. Les participants se retrouvent dans une salle pour échanger avec les chercheuses. La disposition en îlots de tables ajoute à l’effet « café » du lieu. On mange, on se rafraîchit, on parle et on s’écoute. Pendant l’heure et demie d’échanges, les participants tentent d’apporter des réponses à la question « La reconnexion à la nature est-elle une piste pour le passage à l’action, individuel comme collectif ? ».

L’échange a mis à l’honneur les sciences humaines et sociales, avec la participation de Lou-Ann BEAUPUIS (LETG, CNRS, Nantes Université, UBO, Université de Rennes 2) doctorante en géographie sociale, Agnès GRIVAUX (CAPHI, Nantes Université, UBO, Université de Rennes 1) maîtresse de conférences en philosophie sociale et politique, et Lucie POINET (LEMNA, Nantes Université) postdoctorante en économie de l’environnement. Le propos a été interdisciplinaire : il a pu circuler de la question de la norme sociale à la définition de nos besoins fondamentaux, en passant par l’émergence des entreprises régénératives, l’attachement au territoire et la renaturation des espaces naturels.


Un échange format "café" pour horizontaliser les discussions.

Les chercheuses développent la méthodologie et les résultats de leurs recherches ; le public partage son expérience, ses doutes, ses réussites, ses solutions, ses interrogations. Émerge de cette discussion sans hiérarchie quelques fulgurances poétiques, des questions supplémentaires et l’impression d’une alliance entre sciences et société pour penser des solutions.
  • « La nature serait-elle le plus petit dénominateur commun entre les humains, nous invitant alors à collaborer pour éviter la catastrophe ? »
  • « L’urgence d’un côté, mais le long terme du soin des relations humaines de l’autre… Quel rapport au temps pouvons-nous entretenir ? »
  • « Est-ce que quantifier la nature nous prive d’un accès à une expérience plus poétique ? »
Cet échange a aussi été l’occasion de confronter des visions du monde. Par exemple, celles des élu·es et équipes techniques des collectivités du territoire avec celles du grand public (impliqué ou intéressé par les questions de la transition écologique), faisant émerger des questionnements communs. Un moment bienvenu pour les élu·es, qui ont signifié leur appétence pour ces espaces d’échanges, de réflexions et d’acculturations à des sujets qui peuvent leur échapper ou ne pas être « dans les priorités de leurs électeurs ».

Enfin, effet secondaire bienvenu de ces rencontres interdisciplinaires, les chercheuses ont pu croiser leurs regards et leurs pratiques. Lucie Poinet écrit :

« Agnès [Grivaux] nous a également invités à réfléchir aux besoins fondamentaux (boire, se nourrir, dormir, respirer…) comme socle commun à l'ensemble des êtres humains. Et si cette approche constituait une boussole simple, universelle et mesurable pour orienter nos actions vers davantage de sobriété, respectant à la fois le plancher social et le plafond écologique du modèle du donut de Kate Raworth ? »



Deux propositions de restitution réalisées par des participant·es.

 
Mis à jour le 10 juin 2026.