- Sciences et Société
[Retour sur] Café des Sciences de la Transition Écologique : quelle recherche astronomique dans un monde soutenable ?
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Le 16 janvier 2026false false
Dans le cadre du deuxième Festival d'Astronomie de Nantes, Nantes Université a donné rendez-vous au public le 16 janvier 2026 à 19h au bar-restaurant Belle de Jour pour une rencontre participative, conviviale et informelle avec des chercheur·es autour de la thématique de la recherche durable. Un événement co-construit par la mission Culture Scientifique et Technique de Nantes Université et le Laboratoire de Planétologie et Géosciences (CNRS, Le Mans Université, Nantes Université, Université d'Angers).
Dans la salle Bunuel, au premier étage de Belle de Jour, une quarantaine de personnes s’installent et sirotent un mocktail Comète fait sur-mesure par le bar pour l’occasion. En attendant le début de l’échange, elles et ils ont pu voter pour la thématique par laquelle commencer.
| 1. Les nombreux liens et paradoxes entre recherche en astronomie et sociétés. 2. L’impact climatique, social et écologique de la recherche en astronomie. 3. L’imaginaire de la recherche en astronomie entre voyages et conquêtes. |
La discussion démarre par deux questions ouvertes posées à l'assemblée : « Pour vous, c’est quoi la recherche en astronomie ? » et « Qu’est-ce que la recherche en astronomie a à voir avec un monde soutenable selon vous ? ». Réponse par réponse, commentaire après commentaire, on interroge les imaginaires, on fait émerger les connaissances partagées et les points d’interrogations en suspens. Collectivement, on brosse le tableau des a priori fait de télescopes, de missions spatiales, de supercalculateurs, de trous noirs, de questionnements sur notre place dans l'univers ou encore de pollution au lancement des fusées...
Une fois ces éléments posés, l’échange avec les chercheur·es commence. Les intervenant·es sont installé·es parmi le public. Le Café des Sciences de la Transition Écologique est un format expérimental. Ce n'est pas une table ronde ou une conférence mais un moment participatif et horizontal où les savoirs académiques et non académiques ont toute leur place, à l'interface entre sciences et société. Quatre intervenant·es apportent un regard interdisciplinaire sur la question du soir :
- Jack Bérat est postdoctorant au Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), astrophysicien spécialiste du milieu interstellaire, étudiant de master en sciences sociales et membre des Labos1Point5.
- Mathieu Bouffard est enseignant-chercheur au Laboratoire de Planétologie et Géosciences (LPG - CNRS, Le Mans Université, Nantes Université, Université d'Angers), géophysicien spécialiste des intérieurs planétaires et membre des Labos1Point5.
- Colette Le Lay est chercheure au Centre François Viète (CFV - Nantes Université, UBO), historienne des sciences spécialiste de l’astronomie du XVIIe au XXe siècle et de l’histoire des femmes astronomes.
- Pascal Marichalar est chercheur au Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), sociologue spécialiste de l’histoire et de l’impact sociétal des grands télescopes contemporains.
C’est la thématique numéro 2 qui a recueilli le plus de votes (haut la main !). La conversation s’oriente donc sur la quantification de l’empreinte écologique et des conséquences de la recherche en astronomie sur le climat comme sur les sociétés. De manière factuelle et sourcée, les intervenant·es montrent les zones grises, les angles morts, les injonctions contradictoires de cette recherche. Mais ils soulignent aussi les initiatives inspirantes et les transformations en cours. Tout n'est pas tout noir ou tout blanc. Comme souvent sur les enjeux climatiques, l'état des connaissances est complexe et la façon d'agir de manière juste et efficace encore plus. Le format libre de la conversation amène rapidement à s’intéresser aux deux autres thématiques qui apportent un éclairage complémentaire à la première.
Dans le désordre, on apprend que la recherche en astronomie en France c’est 0,02% du budget carbone du pays ; que cette recherche existe depuis Louis XIV qui lance la construction des premiers grands observatoires ; que la recherche en astronomie est une des plus coûteuses écologiquement parlant (surtout à cause de ses infrastructures) ; qu’il existe une contestation forte à l’installation de nouveaux télescopes terrestres à Hawaii ; que les fusées d’aujourd’hui ont pour origine la seconde guerre mondiale ; ou encore qu’il y a 13 000 satellites dans l’espace (dont 9 000 pour SpaceX, qui vise à elle seule d’en avoir 40 000 dans le futur).
Dans les allers-retours entre le public et les chercheur·es flottent des questions d’envergure éthique et politique : La recherche est-elle une activité noble ? Est-ce que connaître est mieux que de ne pas connaître ? Où sont nos priorités ? Est-ce que les chercheur·es doivent décider seul·es de la direction de leurs recherches ? Le problème est-il ici dans la recherche, ou ailleurs dans l'industrie du spatial en général ? A quel moment en sait-on assez pour agir ?
Alors, que conclure de cet échange de deux heures ? A la manière des sondes Voyager qui ont embarqué une archive de l'humanité à leur bord avant de quitter notre système solaire, le public a été invité à garder une trace de cet échange. Au lieu d'un disque d'or, ce sont ici des petites ardoises qui ont été utilisées. Le résultat est une collection de mots clés, d’idées fortes, d’interrogations et de problèmes non résolus. C'est aussi une galerie créative et inspirante, jugez plutôt.
La mission CST tient à remercier Belle de Jour pour son accueil chaleureux et sa motivation à soutenir ce Café des Sciences de la Transition Écologique. Un grand merci également aux organisateur·ices du Festival d'Astronomie pour l'inclusion de ce format dans la vaste programmation du festival.
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Mis à jour le 22 janvier 2026.