- Sciences et Société
[Retour sur] Café des Sciences de la Transition Écologique : Les sols
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Le 14 octobre 2026Sequoia, le pôle sciences et environnement de la ville de Nantesfalse false
Le mercredi 14 octobre 2026, une quinzaine d’élu·es et de leurs représentant·es opérationnels se retrouvent en début de soirée à Séquoia, le pôle sciences et environnement de la ville de Nantes.
Après un temps de mise en mouvement pour que le groupe se connaisse mieux, le Café des Sciences de la Transition Écologique peut commencer autour d’un verre et d’une collation. Ce format, que la mission Cultures Scientifique et Technique (mission CST) de Nantes Université développe depuis 2024, est une rencontre participative et conviviale où le partage des expériences de toutes et tous est mise en regard des savoirs et expertises des chercheur·es de l’Université.
D’ailleurs, ce soir, trois chercheur·es qui étudient chacun·e à leur manière la place des sols dans notre société participent à la discussion :
- Marie CRESPY-DE CONINCK est maîtresse de conférences au laboratoire Droit et Changement Social (DCS – CNRS, Nantes Université). Au travers du droit de l’urbanisme, elle s’intéresse à la réglementation de l’utilisation et l'aménagement des sols ainsi qu'au droit de l’environnement dans le contexte de la transition écologique.
- Thierry LEBEAU est enseignant-chercheur au Laboratoire de Planétologie et Géosciences (LPG - CNRS, Le Mans Université, Nantes Université, Université d’Angers). Ses recherches portent sur la pollution des sols et les solutions pour y remédier grâce à la nature. Il explore aussi les liens entre la pollution des sols et les risques pour la santé au travers de projets avec les territoires.
- Isabelle OURLIAC-GARNIER est enseignant-chercheur au laboratoire Cibles et Médicaments des Infections et de l’Immunité (IICimed - Nantes Université). Au travers du projet de sciences participatives FungiSol, elle s’intéresse à la biodiversité des sols, en particulier en termes de levures. En faisant le lien entre biodiversité des sols et santé humaine, ce projet offre à des élèves nantais de CM2 nantais l'occasion de s'approprier la démarche scientifique et de se construire comme des citoyen·nes éclairé·es, acteurs de leur environnement.
Poser le cadre
Une bonne discussion, ça se prépare. En rappelant les règles de l’échange mais aussi en verbalisant les raisons pour lesquelles le groupe est réuni :Cette rencontre est l’affaire de toutes et tous : le public d’élu·es comme les chercheur·es a été invité à voter pour la thématique par laquelle entamer la discussion : « LE sol ou LES sols ? » ; « A-t-on besoin des sols ? » ; « Pour s’adapter, il faut anticiper ! ». Cette discussion s’est ensuite construite à plusieurs voix, ensemble, en s’écoutant et en participant au dialogue. Des échanges riches ont suivi, de questions en rebonds, de chiffres en clarifications, d’explications factuelles en partages d’expériences.Ce soir, pendant la semaine départementale d’adaptation au changement climatique, alors que les effets dudit changement climatique se font de plus en plus sentir, nous sommes ensemble pour parler des sols.
Vous avez été invités lors du temps d’accueil à vous poser la question de vos attentes vis-à-vis du sol. Que lui doit-on ? Que recevons nous de lui ? Comment le traitons-nous ? Nous avons pensé ce temps nécessaire pour que chacune et chacun puisse s’interroger sur son rapport à ce compartiment méconnu et pourtant essentiel. Que ce soit en tant qu’individus ou pour la société de manière plus large, nous dépendons des sols, de leur stabilité, de leur santé, de leur préservation.
Pour ce moment de discussion ensemble, je vous propose donc que nous gardions en tête, comme fil rouge de notre échange, les questions suivantes : Quelle place donner aux sols dans un monde habitable ? Quels services espérons-nous, quels usages ferons-nous ?
Des méthodes de médiation variées pour faire participer tout le monde : un vote pour la thématique de discussion ; des contributions collectives ; des traces écrites de l'échange faisant appel aux talents des participant·es !
Les sols sont encore méconnus
S’il y a bien un message qui est resté de cette rencontre, c’est que nos connaissances sur les sols sont encore lacunaires. Et sans connaissance, comment savoir protéger, soigner ? Comment utiliser des ressources de manière soutenable ? Ou comment arbitrer un conflit d’usage ? Nous avons collectivement constaté que :- Les sols sont un matériau non renouvelable à l’échelle humaine. Il faut entre 100 et 400 ans pour former 1 cm de terre. Pourtant, on excave et déplace 100 millions de tonnes de sols par an. Et, une fois sorti de terre, on le considère souvent comme un déchet !
- Les sols sont un réservoir immense de microorganismes, même si on ne sait pas encore quantifier cette biodiversité. Quand on cherche des microorganismes dans les sols, on en trouve à tous les coups, même dans des sols fortement modifiés par l’être humain. Ce réservoir a de la valeur par la biodiversité qu’il abrite mais aussi par les services qu’il rend : la production d’une alimentation saine, la gestion de l’eau (son trop plein et son manque), pharmacopée naturelle (pénicilline par exemple), etc.
- Les sols sont un impensé du droit. Il n’y a pas de définition juridique unique. Cette définition change selon l’usage du sol : une surface à construire, une propriété privée, une zone agricole ou naturelle protégée, un sous-bassement de route, un déchet, etc. On pense de plus en plus le rôle écologique des sols et l’intérêt de sa protection plutôt que de son usage mais les conflits sont nombreux et difficiles à démêler.
S'adapter c'est anticiper et changer notre rapport au sol
Face à ces constats, le public a su trouver des ressources, des pistes d’action et de l’espoir. On peut changer notre rapport au sol par de nombreux moyens :- Par l’éducation des jeunes générations, en alliant curiosité, apprentissage, méthode scientifique et le faire ensemble, comme avec le projet Fungisol.
- Par la formation, comme avec l’ajout d’un module sur les sols dans les enseignements universitaires dispensés aux futurs enseignants.
- Par la réglementation de l’urbanisme, en créant des trames brunes dans la lignée des trames de continuités écologiques verte, bleue et noire.
- Par la mise en lien entre recherche et enjeux territoriaux des habitant·es et en favorisant la capacité d’agir des citoyen·nes comme des décideurs publics, comme avec le projet Pollusol.
- Par le débat juridique et philosophique ainsi que par la culture, en repensant le rapport humain/nature.
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La mission CST adresse ses chaleureux remerciements à Sequoia pour leur accueil et la facilitation de cette rencontre. Un grand merci aux élu·es et leurs représentant·es ayant fait le déplacement. Et merci aux chercheur·es pour leur participation et leur engagement.
Cette rencontre a été co-animée par Ulysse PEDREIRA-SEGADE (mission CST – DRPI Nantes Université) et Elen LEPAGE (Sequoia – Ville de Nantes).
Elle a été co-organisée par Nantes Université, dans le cadre de son Observatoire des Controverses labellisé Science Avec et Pour la Société, et par Sequoia, le pôle sciences et environnement de la ville de Nantes, partenaire du projet européen SoilTribes. Cette rencontre s'inscrit dans le cadre de la semaine départementale d'adaptation au changement climatique.