Personnel de l'université

Sylvie MOREL

Maîtresse de Conférences en Sociologie

Coordonnées

UFR de sociologie, Université de Nantes. Bâtiment Tertre Chemin de la Censive du Tertre 44300 Nantes

Bureau
F223
Mail
Sylvie.Morel@univ-nantes.fr

Discipline(s) enseignée(s)

Sociologie

Thèmes de recherche

Politiques publiques de santé, professions de santé, accès aux soins, inégalités sociales de santé ; Automédication ; effets indésirables des médicaments ;

Activités / CV

Formation universitaire

2016 Obtention de la qualification aux fonctions de Maître de conférence section 19- CNU (Sociologie, démographie).

2005-2014 Doctorat de sociologie, Université de Nantes, CENS. Titre: « L'urgence à plusieurs "vitesses": Fracture territoriale et inégalité sociale dans l'accès aux soins d'urgence en France. Genèse et réalité d'un sous champ sanitaire », Thèse dirigée par Jean-Noël Retière. Soutenue publiquement le 11 décembre 2014. Mention très honorable avec les félicitations du jury (à l'unanimité).

2004-2005 Master 2 Recherche de sociologie, Université de Nantes, CENS. Mention très bien.« Socio-histoire des services civils du secours mobile d'urgence individuelle : Volontaires, bénévoles et professionnels ; Institutions publiques, associations, entreprises privées », Mémoire dirigé par Jean-Noël Retière. 

Publications

Article

« La fabrique médicale des inégalités sociales dans l'accès aux soins d'urgence. Ethnographie comparée de deux services d'urgence public et privé »,», Agone, n°59, « Quand la santé décuple les inégalités », 2016.

Chapitres d'ouvrage

« Lutter contre la mort violente : l'exemple de la politique d'urgence sanitaire au 20ème siècle » Séminaire La mort, MSH Nantes, mai 2008. Textes réunis : la mort, MSH / Ange Guépin Nantes, L'Harmattan, 2010.

« Transporter des "corps pathologiques". Une immersion dans le quotidien des ambulanciers privés », in Memmi D, Raveneau G., Taïeb E., dir., Le social à l'épreuve du dégoût, PUR, le Sens Social, 2016.

Mazaud C., Morel S., « Faire la preuve: les organismes de formation et les jeunes face à l'évaluation », in Denecheau B.,Houdeville G., Mazaud C., dir., A l'école de l'autonomie. Epreuves et enjeux des dispositifs de deuxième chance, L'Harmattan, 2015. 

Note de lecture

- Sociologie du Travail, 59 (4), 2017, note de lecture de R. Pudal, Retour de flammes : les pompiers, des héros fatigués?, La Découverte, 2016.  

Dernières activités de recherche

2017 Ingénieure CNRS dans le cadre du Projet REPESO. Sous la direction de Virginie Gautron (laboratoire Droit et Changement Social, UMR CNRS 6297), la recherche pluridisciplinaire « Réprimer et Soigner : étude empirique de l'articulation santé-justice pénale » (REPESO, 2016-2019), financée par l'Agence Nationale de la Recherche et l'Université de Nantes (AAP « Interdisciplinarité »), associe une quinzaine de chercheurs de spécialités diverses (droit pénal, sociologie, science politique, histoire, psychologie).

2015-2016 Ingénieure CNRS dans le cadre du projet SIRCADE : « Détection des événements indésirables graves survenus au décours d'une chimiothérapie : intérêt d'un registre général des cancers dans le calcul de leur incidence et compréhension des obstacles à leur notification ». MSH Ange Guépin (USR 3491).

Communications (sélection)

Séminaires

Discutante de Romain Pudal pour la présentation de son ouvrage, « Retour de flammes. Les pompiers, des héros fatigués ? », La Découverte, 2016, Séminaire « Les impromptus du Cens », décembre 2016.

Jourdain M., Morel S., « Usagers : une catégorie politico-administrative d'appréhension du champ sanitaire éloignée de l'univers pratique des soignants », 4ème séminaire de l'Association Sciences Humaines et Santé, « Soins, formation et recherche en santé : Quels rôles et places pour les "usagers" ? », Maison des Sciences de l'Homme Paris Nord, 14/11/2015.
 
Colloques nationaux et internationaux

Jourdain M., Morel S. « S'automédiquer sous chimiothérapie ? », Colloque international AUTOMED, L'automédication en question. Un bricolage sociale et territorialement situé, 11-12-13 mai 2016, Université de Nantes, CENS (FRE 3706).   

Jourdain M., Morel S., « Pharmacologues et sociologues: la fécondité d'une union improbable », présentation d'un poster scientifique, Congrès du Cancéropôle Grand Ouest, Sables d'Olonne, 17 juin 2016.

Morel S., « La construction médicale d'un problème de santé publique : l'inégalité géographique dans l'accès aux soins d'urgence en France », Colloque international, Croisades privées et problèmes publics. L'héritage sociologique de Joseph Gusfield, Université Paris-Dauphine et EHESS, Paris, 23-24 novembre 2015.

Morel S., « Quand la sociologue endosse l'uniforme d'ambulancière ! L'engagement ethnographique comme voie privilégiée d'objectivation des formes invisibles et souterraines  d'engagement professionnel », Colloque international, CRAPE - Sciences Po Rennes, « Saisir l'engagement improbable dans sa routine professionnelle », 8-9 octobre 2015.

 

Valorisation de la recherche

Participation à une table ronde : « Les ambulanciers dans la chaîne de secours », Salon  « secours-expo Paris 2017 », Paris, Porte de Versailles, 3 février 2017. 

Animation Conférence-débat, « Du transporteur au soigneur. La reconfiguration du travail des ambulanciers français au coeur des enjeux de santé publique », Entreprise AGV Chantonnay, 23 septembre 2016.

Interview HOSPIMEDIA : « Il faut se départir d'une vision médicale des soins urgents pour aller vers la para-médicalisation », http://www.hospimedia.fr, le 20/08/2015.

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Informations complémentaires

Problématique
Mon doctorat de sociologie aborde la problématique de l'inégalité dans l'accès aux soins d'urgence en France, dans sa dimension tant géographique que sociale.
Une enquête ethnographique réalisée en immersion dans une entreprise privée d'ambulances durant sept années, fait apparaitre concrètement l'existence d'une inégalité territoriale des citoyens devant l'urgence, qui prend la forme d'une fracture entre d'une part, un milieu urbain sur-dote en offre de soins d'urgence et d'autre part, un milieu rural cumulant les obstacles al'acces aux soins d'urgence : éloignement des services d'urgence et des SMUR, permanence des soins, etc. A rebours des discours politiques d'excellence sur le soi-disant, « meilleur système d'urgence au monde», cette première partie du travail montre que le paradigme de « médicalisation des secours », cher au modèle français, non seulement échoue dans sa mise en œuvre mais empêche voire freine, toute approche alternative - paramédicale - du problème. A l'instar de nombreux professionnels terrain, les enseignements issus d'une brève comparaison internationale invitent le chercheur a se départir d'une lecture médicale du problème. Selon ces données, pour comprendre l'origine des inégalités géographiques en matière d'urgence en France, le regard sociologique doit se porter non pas, sur la question largement médiatisée des « déserts médicaux » mais sur celle, de l'inégale répartition des « territoires de compétences » entre les professionnels de l'urgence.
Parallèlement, une double enquête - ethnographique et statistique - menée auprès de 500 patients dans deux services d'urgence, l'un privé et l'autre public, a revélé l'existence d'inégalités sociales dans l'accès aux soins d'urgence. Elle a permis, plus précisément, de repérer quatre filières de soins d'urgence socialement différenciées, construites pour et par la profession médicale : la filière privée lucrative ; la filière publique ; la filière « socio-sanitaire » ainsi que celle de « contournement » des urgences qui permet au patient d'accéder au service de spécialité sans avoir a passer par la case « urgence ». L'analyse comparée révèle par ailleurs que la sélection « médicale » repose sur plusieurs critères qui, combinés entre eux, déterminent l'orientation des patients vers l'une ou l'autre filière : l'âge, le type de pathologie, la PCS et le type de couverture sanitaire. Sur ce dernier point, l'enquête montre que les populations précaires, sans couverture sanitaire sont aujourd'hui majoritairement orientées vers des lieux spécifiques - caritatifs - de prise en charge des soins d'urgence.
Au terme de dix années de recherche, un panorama sociologique des urgences engage le chercheur a poser la question suivante : l'urgence française ne serait-elle finalement pas malade de ses médecins?
Enjeux contemporains
Garantir pour chaque Français un accès aux soins urgents en moins de 30 minutes », tel est l'engagement n°9 de François Hollande a l'aube de son élection en 2012. Ce voeu politique s'est traduit par l'élaboration du « Chantier des urgences » présenté en octobre 2012 par la ministre en charge de la santé, Marisol Touraine. Le problème de la fracture territoriale dans l'accès aux soins d'urgence y est alors défini comme étant le résultat d'une inégale répartition territoriale des médecins . Dans ce cadre d'appréhension du problème, les mesures politiques retenues visent, tout logiquement, a limiter les ainsi nommés, « déserts médicaux ». Le choix de ces instruments d'action publique n'est toutefois pas neutre socialement car il légitime et naturalise une définition du problème, forgée et défendue par les urgentistes hospitaliers. Or, le croisement des observations et des discours recueillis auprès de nombreux professionnels, révèle que loin de constituer la panacée en matière d'urgence, le paradigme de médicalisation constitue sa faiblesse intrinsèque. Sur ce point d'ailleurs, une brève comparaison du modèle français avec ceux d'autres pays européens et outre-Atlantique ayant privilégié une approche « paramédicale » des urgences, montre que la réputation d'excellence mondiale du système d'urgence français doit être accueillie avec circonspection. Ainsi, au terme de cette enquête, il apparait qu'une délégation sur protocoles de certaines compétences dites de « médecine d'urgence », à des professionnels «paramédicaux» plus nombreux et mieux repartis sur le territoire, permettrait de réduire sensiblement les inégalités géographiques dans l'accès aux soins d'urgence.
La seconde partie du travail montre que même si en matière d'urgence, les pratiques de sélection sont a priori impensables, les intérêts médicaux et ceux des établissements de soins conduisent a l'existence d'inégalités sociales dans l'accès aux soins d'urgence. Plus généralement, les conclusions de cette recherche encouragent les chercheurs et chacun d'entre nous, a sortir des cadres d'analyse binaires - « médecine de riche, médecine de pauvre » - couramment mobilisés dans les discours publics sur l'exclusion socio-sanitaire, pour conclure a l'existence, en France, d'un système de soins à plusieurs « vitesses » sociales.