Vous Nous Parlez à Nantes, c'est la proposition de réaliser avec un groupe  de volontaires (étudiants, personnel, enseignant, jardinier) un journal vidéo collectif, qui sera comme la radiographie d’un moment d’histoire, d’un moment d’histoire de France mais aussi du monde.

Chaque semaine, des extraits de la presse radio, tv, journaux, internet, seront prélevés, et proposés à la lecture aux participants. Lecture enregistrée uniquement avec un appareil audio numérique, puis ensuite rejouée face caméra avec une oreillette qui fait entendre le texte, comme un présentateur. Il s’agit en somme d’un “retour à l’envoyeur“. Si chaque jour, nous entendons, volontairement ou non “les nouvelles“, c’est toujours dans le même sens que cela se produit. Et il se produit quelque chose de tout à fait singulier quand c’est un étudiant de 21 ans qui s’adresse à la caméra avec les mots d’un ministre de l’économie et des finances. Tout à coup les mots résonnent autrement.
 
Cameraman

Mais il y a également une autre facette dans ce travail, qui est c’est celle de l’intime. Certains participants pourront écrire un journal de leur quotidien. Et pour être bien certain de ne pas se dévoiler, de façon à pouvoir être libre de dire tout à fait ce qu’on veut, personne ne lira son propre journal, mais les genres et les âges seront croisés, si bien qu’un homme de 45 ans pourra lire le journal d’une jeune fille de 15 ans. Et là aussi, les mots deviendront différents.

Il s’agit de passer du macrocosme, de l’univers et de l’homme dans cet univers au microcosme d’un territoire et de les mêler intimement, pour faire le portrait croisé des humains d’aujourd’hui. Le fait de déplacer le sens en croisant les textes et ceux qui normalement les disent apporte également une manière de légèreté et d’humour qu’il est indispensable de garder à l’esprit pour ce genre de projet. D’humour et d’émotion.
Un tel projet est en prise directe avec ce qu’on nomme le “réel“. Le temps, les gens, ce qui se passe, tout joue au moment même où on enregistre, on ne peut donc trop prévoir ou même vouloir, il faut se laisser faire par le monde qui nous entoure et le capter au mieux.

>>> Éric Watt sera présent sur le campus Tertre du 26 novembre au 18 décembre 2017

Éric Watt

Éric Watt débute sa carrière de vidéaste en 1997 à Paris lorsqu'il réalise sa première installation vidéo, Les envahisseurs. Entre 1996 et 2017, il monte plus de trente créations entre vidéo, théâtre, bandes sons, essais. Et toujours, la question de l’autre, de la langue, de la traduction et la quête d’une Babel moderne, à inventer. Au cours de sa carrière il a réalisé plusieurs projets sur différents thèmes tels que Le Voyage Liquide pour Estuaire, épopée fleuve entre la source de la Loire et le dernier pont à St Nazaire, ou encore en 2010, avec Gilles Clément, Francis Hallé et Anne de Sterk, Éloge de l’arbre, essai géo-poétique à l’ère anthropocène, d’après le texte de Gilles Clément : L’alternative ambiante.
En 2013, il fonde le collectif Toplamak et collabore avec Frédéric Dumond, avec une première œuvre commune, Sur la piste, installation visuelle et sonore, dans le cadre de la manifestation "Genève villes et champs". Avec ce collectif, il crée en 2017 GéoPoéticSociety, vrai faux gps, écrit et interprété par Anne de Sterk, Frédéric Dumond et Eric Watt, commande du Parc Naturel Régional des Monts d’Ardèche, pour le parcours artistique, "Le Partage des Eaux".