A la sortie de la première guerre mondiale, Nantes se dote de nouvelles institutions qui, progressivement, vont contribuer à faire émerger une entité universitaire dont l'aboutissement ne se réalisera en fait qu'au bout d'une cinquantaine d'années. Cette partie présente, à partir de témoignages et de documents inédits, un ensemble d'études qu'il convient de considérer comme des éléments de mémoire pour une histoire encore en construction.
Après avoir souligné le rôle essentiel que plusieurs institutions comme l'IPO et d'autres ont joué aux côtés de la médecine, l'ouvrage s'attache à décrire les conditions particulières de la naissance de l'université de Nantes durant la période qui s'étend de 1962 à 1970.

L'université d'une académie nouvelle (1962-1970)

Obligée de renoncer définitivement à l'espoir d'être un jour l'université bretonne, le 29 décembre 1961, Nantes devient le centre d'une nouvelle académie, qui en séparant la Loire-Atlantique de la Bretagne, réunit le Maine et Loire, la Mayenne, la Vendée et la Sarthe soustraite de l'académie de Caen, dans une Région nouvelle.
Un tel état de fait ne peut manquer de rejaillir sur la composition du corps enseignant, accentuant la différence entre la médecine dont la longue histoire nantaise assure la force et l'ancrage au cœur de la cité, tandis que les trois facultés nouvelles (sciences, lettres, droit) s'installent sur le campus des bords de l'Erdre et règlent chacune à leur façon la constitution de leur corps enseignant.
L'université de Nantes accueille de nouveaux champs de recherche en sciences avec l'implantation de laboratoires du CNRS, puis, plus tard, en droit et en sociologie et en 1966, grâce à l'ouverture des premiers instituts universitaires de technologie, porte ainsi le double sceau de la politique gaullienne qui poursuit un projet élitiste en nourrissant l'ambition d'une démocratisation de l'enseignement supérieur.

La construction d'une université partenaire de sa Région (1970-1993).

La jeunesse même de l'université nantaise en mai 1968 explique à la fois la vigueur avec laquelle elle y participe et le fait qu'elle fut épargnée par la déchirure que connurent beaucoup de ses aînées.
Premier acte d'un grand mouvement de décentralisation, l'université, devenue autonome sous la responsabilité d'un président élu, en 1971, concrétise les ambitions régionales. Faisant écho au premier Ministre Maurice Couve de Murville qui, le 8 avril 1969, se louait de la création ici d'une université qui va se développant rapidement , Olivier Guichard salue deux ans plus tard sa volonté de communication, c'est à dire échange d'idées ou concertation entre des points de vue différents, échange d'hommes ou collaboration entre les enseignants et les professionnels .Riche d'une pluridisciplinarité qui lui permet des échanges dont elle est fière, l'université de Nantes n'oublie pas cependant qu'outre les atouts d'une recherche d'excellence qui veut se développer en symbiose avec les demandes régionales comme internationales, elle est et doit rester la gardienne des vertus humanistes pour l'enseignement desquelles elle fut fondée. L'ambition qui naguère lui fut donnée de permettre à tout homme de bien d'accéder aux perles de la science , comme le stipulait, en 1460, la bulle du pape Pie II, elle continue d'inspirer l'œuvre de culture et de science qu'elle veut poursuivre au service du plus grand nombre.

Titres des chapitres contenus dans la troisième Partie :

  • chapitre 11 : La mobilisation municipale pour la renaissance de l'université (1919-1960), incluant :
    -L'Institut polytechnique de l'Ouest : le choix de l'avenir, par Virginie Champeau, - Ecoles municipales et collèges universitaires, premiers jalons dela marche vers l'université, par Anne-Claire Déré,
    -Un réseau de Résistance universitaire, par Gérard Emptoz,
    -Politique foncière municipale et reconquête de l'université, par Philippe Le Pichon
  • chapitre 12 : L'université nouvelle d'une académie en construction (1960-1968), incluant :
    -L'université de la métropole de Loire-atlantique, par Philippe Le Pichon,
    -Une fédération d'établissements supérieurs, par Anne-Claire Déré,
    -La médecine, fille aînée et ancêtre de l'université nouvelle par Anne-Claire Déré et Christelle Tortereau,
    -Les jeunes facultés du campus Tertre-Lombarderie, par Anne-Claire Déré,
    -Histoire sociale et mémoire de la faculté des sciences de Nantes, par Emmanuelle Robert,
    -Quelques considérations sur la faculté des lettres, par Jean Renard,
    -Deux voies pour le développement de l'université de Nantes : ancrage régional ou champs nouveaux d'exploration, par Anne-Claire Déré,
    -Max Schmitt, premier recteur de l'académie de Nantes, par Gérard Emptoz
  • chapitre 13 : Déconstruction et reconstruction face aux perturbations de mai 68 . -Regards croisés sur les événements
    -Témoignage de Claude Durand-Prinborgne,
    -Témoignage de Yvon Chotard,
    -Chronologie nantaise, par Claude Durand-Prinborgne
  • chapitre 14 : Trois thèmes à mettre en œuvre : autonomie, participation et pluridisciplinarité (1971-1981), incluant :
    La reprise en mains par les "anciens" de la médecine, par Yves-Henri Nouailhat , -L'autonomie, par Yves-Henri Nouailhat, -Jean-Pierre Kerneïs, premier président de l'université de Nantes, par François Resche, -La participation, par Philippe Hesse,
    -La pluridisciplinarité, interface entre l'université et les entreprises, par Gérard Emptoz,-Une activité profondément ancrée dans la cité ligérienne : la formation continue, la multiplicité des initiatives, par Gérard Emptoz
  • chapitre 15 : Les temps agités de la croissance (1981-1993), par Anne-Claire Déré
  • chapitre 16 : Regards croisés sur l'université de NantesPerspectives 1962-2000, parJean-Paul Molinari,
    -L'université, composante de l'espace urbain, par Jean-Pierre Peyon,
    -L'image de l'université de Nantes à l'étranger, par Yves-Henri Nouailhat et Horst Ibisch,
    -Isomer à la faculté des sciences et des techniques, par Jean-Michel Robert,
    -La Maison des sciences de l'homme Ange Guépin, par Alain Supiot,
    -La salle des collections ou musée pédagogique de zoologie, par Joseph Baudet et André Lequet,
    -Histoire de la bibliothèque universitaire de Nantes, par Claire Voisin
    -Thiberge et Michelle Guiot