La seconde partie aborde une période très particulière, durant laquelle Nantes, grande ville industrielle et commerciale, cherche en permanence des solutions pour compenser l'absence d'université dans ses murs. Une seule institution universitaire, l'Ecole de médecine, a cependant existé durant toute cette longue période de tentatives pour reconquérir l'université perdue

La médecine hospitalière, ligne de force de la demande universitaire nantaise

Le cadre nouveau créé par Napoléon Ier va changer les données et placer les enjeux universitaires au niveau national. Entre un Etat délibérément centralisateur et l'enseignement des citoyens, l'ancienne forme des universités apparaît comme un obstacle. C'est donc une entité unique et française composée de facultés réparties dans différentes villes de province qui est recréée, en 1808.

Alors que la volonté d'associer les facultés de droit aux Cours d'appel joue en faveur de Rennes, le dévouement des chirurgiens et des médecins nantais dans les hôpitaux, pendant la Révolution, vaut à Nantes la fondation en 1808, d'une Ecole secondaire de médecine. Durant un siècle et demi, cet enseignement, dont le financement est entièrement supporté par la ville, sera l'argument majeur pour faire valoir les droits de la cité ligérienne à un enseignement supérieur.
Enjeu de la rivalité entre Rennes et Nantes, la Faculté mixte de médecine et de pharmacie sera la première créée en 1956.

Initiatives municipales et privées pour un enseignement à l'image de la cité (1808-1919)

Renversant à leur avantage le portrait négatif qui faisait de Nantes une ville industrielle et commerçante par opposition à Rennes l'intellectuelle, élus et citoyens s'emploient à bâtir un enseignement en accord avec les ambitions de la cité. Tandis que l'Ecole d'hydrographie continue à assurer la formation des cadres dont a besoin cette ville portuaire et coloniale, l'Ecole préparatoire à l'enseignement supérieur des lettres et des sciences, créée en 1854, s'emploie à former des jeunes gens aux carrières industrielles et commerciales intermédiaires, selon l'esprit de la loi qui l'a fondée.Laissés pour une grande part à des initiatives privées et aux décisions de élus nantais, recherche et enseignement s'orientent naturellement dans les deux directions qui sont devenus les axes prioritaires de la région nantaise : l'agro-alimentaire avec station agronomique confiée à des chimistes et à des pharmaciens de l'Ecole de médecine, et à l'enseignement technique qui, après avoir couvert les besoins de tous les échelons d'emplois offerts par l'industrie, aboutit en 1919, à la création de l'institut polytechnique de l'Ouest (I.P.O.), première école d'ingénieurs nantaise et premier jalon vers la reconquête de l'université.


Titres des chapitres contenus dans la deuxième Partie :
  • chapitre 6 : La rupture révolutionnaire (1789-1808) par Pierre Lamandéincluant L'école d'hydrographie de Nantes de 1827 à 1887, par Olivier Sauzereau
  • chapitre 7 : La médecine, enjeu universitaire (1808-1850, incluant : La reconnaissance de l'école hospitalière de Nantes par l'État (1808), par Philippe Hesse, -La médecine, enjeu de la compétition entre les Nantes et Rennes, par Anne-Claire Déré, -Science, politique et religion : un procès politico-universitaire à l'Ecole de médecine, par Philippe Le Pichon
  • chapitre 8 : Les aspirations à un enseignement supérieur nantais, par Pierre Lamandé
  • chapitre 9 : Un nouvel espoir déçu d'une faculté de médecine (1871-1876), par MarcSuteau
  • chapitre 10 : Nantes en 1900 : bilan d'un siècle sans université, par Gérard Emptoz