Cette partie est consacrée à la première histoire de l'Université de Nantes. On y voit d'abord la ville accueillir l'université ducale.

Nantes, écrin de l'université ducale (1460-1491)

Formée des facultés des arts, des droits canons et civils, de médecine et de théologie, l'université accordée par le pape Pie II le 4 avril 1460, était avant tout celle du Duché de Bretagne, véritable Etat jouissant d'une indépendance de fait, depuis l'avènement au XVe siècle, de la dynastie des Montfort. A la cour de ces princes, nombreux étaient les diplômés de l'université d'Angers ou de Paris qui jouaient le rôle d'experts. La création d'une université était donc pour les Ducs de Bretagne, non seulement un moyen d'assurer sur place la formation des cadres, mais aussi d'affirmer le pouvoir ducal.

Il fallut néanmoins une cinquantaine d'années pour l'obtenir. La reconnaissance par les ducs bretons de l'autorité des papes d'Avignon au moment du Grand Schisme leur avait fait refuser par le Saint Siège la fondation d'une faculté de théologie lors des trois premières bulles de 1414, 1419 et 1440 qui, cependant, reconnaissaient toutes l'intérêt que Nantes , à cause de la proximité de la mer et de la situation de cette ville, ainsi que la fertilité des environs et la douceur de la température , présentait pour l'implantation de l'université.

Cette université ducale a connu plusieurs évolutions au cours de son histoire, dont les étapes sont décrites. Les facultés initiales ont leur parcours propre, en particulier celles de droit, celles de théologie et celle de médecine.

L'université dans la compétition entre Rennes et Nantes (1532-1793)

Trente ans seulement après sa fondation, la prise de Nantes par le roi de France Charles VIII et la dispersion des étudiants et des maîtres s'annoncent comme un prélude aux vicissitudes qu'allait connaître l'université bretonne pendant plus de quatre siècles. Voulue comme le joyau d'un duché à la veille de son rattachement à la France, l'université du duc de Bretagne François II perd très vite cette raison d'être. Incluse dans le Royaume de France, elle se trouve désormais en concurrence avec des universités beaucoup plus anciennes et infiniment plus prestigieuses. La proximité de l'université d'Angers fondée en 1306 réduit la fréquentation de celle de Nantes, inconvénient auquel s'ajoute bientôt la compétition avec Rennes pour la prépondérance sur le réseau urbain breton.

Alors que la municipalité nantaise regarde l'université comme un facteur de promotion pour la cité, Rennes appuie son développement sur le parlement de Bretagne dont elle a obtenu le transfert. Les infidélités réitérées des nantais au pouvoir royal, d'abord au temps du duc de Mercoeur contre le roi Henri IV, puis en 1720, lors de la conspiration de Pontcallec, font le jeu de leurs concurrents. Rennes conquiert la prédominance administrative et juridique, tandis que Nantes joue la carte de l'ouverture atlantique et du commerce international. Cette lutte d'influence, longtemps contenue, aboutit au transfert de la faculté de droit à Rennes en 1735, et à l'affaiblissement, voire la disparition (faculté de théologie) des autres facultés, jusqu'à la fermeture que l'université de Nantes subit, en même temps que toutes les universités françaises, par décret de la Convention en août 1793.

Titres des chapitres contenus dans la première Partie :
  • chapitre 1 : L'université ducale (1460-1491), par Jean Luc Sarrazin
  • chapitre 2 : L'université de Nantes et ses facultés (1492-1735), par Michel Nassiet
  • chapitre 3 : La faculté de théologie, par Yves Durand
  • chapitre 4 : Une faculté au sein de la cité nantaise, la médecine, par Claude de Laguerenne.
  • chapitre 5 : L'université dans la compétition pour la prépondérance entre Rennes et Nantes, par Guy Saupin
incluant - Le transfert de la faculté de Droit à Rennes par Yvon Le Gall ; - "Pour le
bien être du plus grand nombre" : vers une culture universelle hors les murs de l'Université par Anne-Claire Déré.