• Le 27 mai 2010

L’Université de Nantes accueille jusqu’au 4 juillet, Ling Wang, chercheuse à l’Institut d’éducation comparée de l’Université de Shanghai (East China Normal University) et spécialiste de l’éducation française en Chine. Pendant deux mois, elle collaborera avec des équipes de recherche de l’Université de Nantes, dont celles du Laboratoire de psychologie éducation cognition développement (Labecd EA 3259). Elle travaillera sur la comparaison de modèles d’évaluations scolaires en Chine et en France. Rencontre.

Dans quel cadre s'inscrit votre venue à Nantes ?
"J'ai été invitée il y a quelques mois par Agnès Florin, professeur en psychologie de l'enfant et de l'éducation à l'Université de Nantes, avec qui je collabore depuis une dizaine d'années, pour enrichir mes travaux de recherche au sein de l'université. Plus largement, ma venue ici s'inscrit dans le cadre d'une convention de partenariat signée en 2009 entre l'Université de Nantes et l'Université de Shanghai, qui permet notamment l'accueil réciproque de chercheurs dans les deux établissements."

Qu'attendez-vous de ces deux mois au sein de l'Université de Nantes ?
"Il existe beaucoup de points communs entre mes recherches et celle menées par certaines équipes de recherche de laboratoires de l'Université de Nantes, notamment le Labecd qui travaille comme moi sur la problématique de l'identité, mais dans le domaine de la psychologie (estime de soi, confiance en soi, bien-être...). C'est un domaine que je trouve très intéressant et où j'ai beaucoup à apprendre. Même si l'approche que nous prenons est différente, l'objet reste le même. C'est donc très intéressant de pouvoir partager avec d'autres chercheurs et professionnels français."

Justement, quelle recherche menez-vous et allez-vous mener jusqu'en juillet ?
"Depuis mon arrivée, je concentre essentiellement mes recherches sur la consultation de documents français récents, pour bien connaître et comprendre des problématiques "chaudes" liées à l'enseignement scolaire en France : qu'en est-il de la qualité de l'école française ? Pourquoi certains élèves arrivent-ils à une situation d'échec scolaire ?... Dans un second temps, j'espère pouvoir rencontrer des experts et des praticiens français sur le terrain pour enrichir mes recherches."

Vos travaux de recherche portent sur la sociologie de l'éducation de l'enfant en France. Quel est le principal enjeu de cette thématique ?
"Sur cela, il faut considérer l'angle que je prends (la réussite et l'échec scolaire) pour appréhender cette thématique. Quand on parle de réussite ou d'échec scolaire, la définition est floue pour beaucoup de personnes. Mais dans les deux cas, il n'y a pas que les notes obtenues par l'élève qui comptent. Il y a aussi le comportement, le savoir-être, le savoir-devenir. Tout cela ne peut être séparé de l'environnement social, culturel et pédagogique dans lequel l'enfant se trouve et se forme. C'est l'enjeu de ma problématique, et c'est de cet angle que j'ai essayé de dégager des changements théoriques dans la sociologie de l'éducation en France. La problématique de l'élève-individu est toujours au coeur de mon intérêt de recherche."

Cette problématique répond t-elle a une réalité ou un besoin en Chine ?
"Oui, ce sujet est aujourd'hui d'autant plus important que depuis une dizaine d'années maintenant, la Chine réfléchit à une rénovation de son système éducatif et met en avant le développement de la qualité, ou des compétences, pourrait-on dire, de chaque enfant dans son éducation."

Vous faites partie de l'Institut d'éducation comparée de l'Université de Shanghai. L'ouverture vers les autres universités du monde est-elle un aspect important de la recherche en Chine ?
"Oui, au moins dans mon université. C'est une tradition un peu ancienne en Chine que de voir ce qui se fait ailleurs, et dans beaucoup d'autres domaines aussi. Dans celui de l'éducation plus particulièrement, l'Institut d'éducation comparée de l'ECNU s'intéresse  à ce qui se fait en Europe, et notamment en France, en Espagne, en Allemagne, en Belgique, etc. C'est d'autant plus vrai aujourd'hui, dans le cadre de cette rénovation du système éducatif chinois. Quel que soit le domaine, l'objectif est de tirer le meilleur de ce qui se fait, de s'enrichir d'idées nouvelles qui pourront, pourquoi pas, être un jour utiles en Chine."


Ling Wang en bref...

Boursière de recherche du gouvernement français (délivré par le consulat de France à Shanghai) en 2008 et du projet post-doctoral Hermes de la FMSH de Paris en 2009, elle a effectué une recherche sur la réussite et l'échec scolaire dans la sociologie de l'éducation française et les changements d'approches théoriques.