• Le 12 novembre 2015

Les scientifiques de la collaboration XENON, à laquelle est associée une équipe de recherche du laboratoire Subatech (Université de Nantes – Ecole des Mines de Nantes - CNRS), ont lancé le détecteur de matière noire le plus sensible jamais mis au point : XENON1T.

Le dispositif est en un immense caisson rempli d'une tonne de l'élément chimique xénon maintenu à l'état liquide à une température avoisinant -100 °C. Pour se protéger de ces particules parasites, la collaboration XENON a enfoui son dispositif à 1 400 mètres sous le massif du Gran Sasso (Italie), au sein du plus grand laboratoire sous-terrain au monde : le laboratoire national du Gran Sasso (LNGS).

Successeur de XENON100 et de XENON10, XENON1T "améliorera la précision des observations d'un facteur 100 par rapport aux limites actuelles" indique Dominique Thers, coordinateur de l'équipe Xénon du Laboratoire de physique subatomique et des technologies associées (Subatech). Les chercheurs ont bon espoir de finalement détecter la particule de matière noire tant attendue. "Nous espérons des résultats dans les premiers mois d'exposition du détecteur" souligne Dominique Thers. Jusqu'alors, les physiciens ont toujours progressé en éliminant des hypothèses et arriver à une seule possibilité.

L'observation d'une interaction avec le xénon représenterait une avancée considérable car elle permettrait de dresser la carte d'identité des particules constituantes de cette matière si mystérieuse, pourtant cinq fois plus présente dans l'univers que la matière ordinaire. Et si jamais XENON1T n'arrivait pas à remplir son objectif, les chercheurs du laboratoire sous-terrain du Gran Sasso ont déjà prévu de passer au gabarit supérieur. En 2018, XENON1T deviendra XENONnT, quintuplant son poids en xénon liquide.