• Le 24 février 2015

Pour la première fois en France et en Europe, une structure de recherche va s’intéresser à la cohabitation religieuse et à son impact sur la société sous le prisme de l’interdisciplinarité. Une initiative qui prend tout son sens dans le contexte actuel de fortes tensions autour des questions religieuses.

Initié par le programme RELMIN et le réseau DCIE (Dynamiques citoyennes en Europe), l'Institut du Pluralisme Religieux et de l'Athéisme (IPRA) fédérera la communauté scientifique régionale, nationale et internationale avec l'ambition de devenir d'ici 5 ans une structure internationalement reconnue dans le domaine du pluralisme religieux.

Ouvert aux chercheurs, enseignants, étudiants et plus largement au grand public, l'IPRA entend favoriser le dialogue entre chercheurs et partenaires de la société civile (éducation, santé, presse,...) mais également d'animer le débat public en proposant des clés pour mieux appréhender l'actualité et les questions religieuses en particulier. L'institut s'appuiera notamment sur les travaux de recherche du programme de recherche interdisciplinaire RELMIN, dirigé par John Tolan professeur d'histoire à l'Université de Nantes, qui travaille depuis 2010 sur l'étude du statut légal des minorités religieuses dans les sociétés religieuses.

  • Les Sciences humaines et sociales au coeur du projet IPRA
Soutenu financièrement par la Région des Pays de la Loire dans le cadre de l'appel à projets "Connect Talent", cet institut inédit au niveau européen a pour ambition de mettre les Sciences humaines et sociales au cœur de la réflexion. "Dans ces périodes de crise profondes qui après le choc laissent la place aux questionnements, aux incompréhensions et à la quête de sens, le rôle des sciences humaines et sociales est essentiel", souligne Olivier Laboux, président de l'Université de Nantes. "Les SHS contribuent à éclairer, mettre en perspective, inscrire dans la durée longue de l'histoire les faits d'actualité les plus brûlants. L'IPRA en est le meilleur exemple."

L'Institut du Pluralisme Religieux et de l'Athéisme (IPRA) s'inscrit également parfaitement dans le cadre de la politique de recherche mise en oeuvre par l'Université de Nantes qui souhaite faire de l'interdisciplinarité un des axes forts de son développement. "L'interdisciplinarité est aujourd'hui un élément clé aussi bien sur le plan de la recherche fondamentale que sur celui de l'innovation technologique et sociale", poursuit Olivier Laboux. "C'est une aide majeure dans la compréhension et la conception de réponses aux grands enjeux sociétaux de la planète." Pluridisciplinaire, l'Université de Nantes possède en effet en la matière un potentiel remarquable au premier rang duquel figurent, hormis le programme RELMIN, le programme LASCAUX (droit alimentaire) ou le programme Human sea (droit maritime) qui ont tous les 3 obtenu un financement d'excellence de l'Union européenne.

"Cette initiative contribue à éclairer le fait religieux et à faire reculer l'ignorance. La réalité religieuse peut être pensée dans le cadre laïc et républicain", souligne Christophe Clergeau, 1er Vice-président du Conseil Régional des Pays de la Loire. "Par ailleurs, la Région  va relancer un appel à projets pour organiser des actions éducatives sur la laïcité et le vivre ensemble dans les lycées et les CFA, et renforcera la présence des symboles républicains partout dans les établissements."

  • Un colloque de lancement en décembre
Un colloque de lancement de l'Institut du pluralisme religieux et de l'athéisme (IPRA), en coopération avec l'Institut européen en sciences des religions (IESR), se tiendra du 2 au 4 décembre 2015 à l'Université du Maine, au Mans. Il aura pour objectif de dresser un état des lieux des enseignements en histoire centré sur le religieux et d'analyser les processus complexes de construction et de réception de ces discours. Ce colloque entend répondre également à un enjeu fort de formation des enseignants sur ces problématiques.

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