• Le 22 mars 2016

Le retour dans l’actualité de l’accident nucléaire de Fukushima (mars 2011) a rappelé au monde entier les risques du nucléaire et ses conséquences écologiques et environnementales pour notre planète. A Nantes, des chercheurs du Laboratoire de Planétologie et Géodynamique de Nantes (LPG Nantes) et du laboratoire de Physique Subatomique et des technologies associées (Subatech) ont expérimenté ensemble une nouvelle méthode prometteuse de dépollution des sols à partir de plantes et de bactéries.

Lors de chaque accident nucléaire, le panache radioactif dissémine plusieurs  radionucléides dans l'atmosphère avant de retomber à la surface de la Terre et de polluer durablement les sols. Pour les éliminer, certaines plantes "dépolluantes" permettent aujourd'hui d'absorber et stocker efficacement les contaminants présents à la surface du sol et sur quelques centimètres sous terre. "Le problème c'est que des radionucléides (comme le Césium 137) sont fortement retenus dans les sols, notamment par certaines argiles, les plantes les absorbent difficilement", explique Alice Hazotte, doctorante au Laboratoire de Planétologie et Géodynamique de Nantes (LPG Nantes).

  • "Doper" le sol avec des bactéries
Pour rendre la dépollution par les plantes plus efficace, les chercheurs du Laboratoire de Planétologie et Géodynamique de Nantes (LPG Nantes) et du laboratoire Physique Subatomique et des technologies associées (Subatech) travaillent depuis plusieurs mois à une nouvelle approche basée sur l'utilisation d'une plante potentiellement capable d'absorber suffisamment de césium (le trèfle violet), associée à des bactéries capables de le rendre plus facilement "mobilisable". "Pour cela, on injecte des bactéries dans le sol qui rendent le Césium plus mobile et devrait ainsi accroître la quantité prélevée par la plante", souligne Alice Hazotte. "Dans le cas où le Césium serait complètement mobilisable, le trèfle violet peut absorber jusqu'à 75% de la concentration initialement présente, dont une partie est stockée dans les parties récoltables de la plante (tige, feuilles)". Débutées en 2013, les études menées en laboratoires ont montré la faisabilité de cette approche, même s'il reste encore quelques freins. De prometteuses perspectives pour les années à venir.