• Le 20 juin 2016

Comme sur Mars, y a-t-il de la vie sur Encelade ? Une équipe de recherche internationale, parmi lesquels des chercheurs du Laboratoire de Planétologie et Géodynamique de Nantes (LPG Nantes – Université de Nantes – CNRS), vient de démontrer que l’océan sur cette lune de Saturne n’est qu’à quelques kilomètres sous sa surface, impliquant une forte source de chaleur à l’intérieur du satellite. Un élément supplémentaire qui rend l’océan d’Encelade favorable au développement de la vie.

Si les premières interprétations de la sonde Cassini avaient démontré qu'Encelade abritait bien un vaste océan recouvert d'une coquille de glace, on sait maintenant que l'épaisseur de cette calotte glaciaire est bien plus fine que prévue, notamment au niveau de son pôle sud. "On estimait jusque-là l'épaisseur de la couche à 30-40 kilomètres", explique Gabriel Tobie, chercheur CNRS au LPG Nantes. "On se rend compte qu'elle n'en fait qu'une vingtaine, et même moins de cinq au pôle sud".

Pour l'expliquer, les chercheurs ont travaillé sur un nouveau modèle de la structure interne d'Encelade qui permet désormais d'interpréter différemment certains phénomènes observés. "A partir des données récoltées, on estime que l'océan sous-glaciaire représente 40 % du volume totale du satellite et que sa teneur en sel est équivalente à celle des océans de la Terre", souligne Gabriel Tobie. "Notre modèle tend à renforcer un peu plus l'idée d'une importante production de chaleur dans l'intérieur profond du satellite, qui expliquerait par exemple l'existence  de sources chaudes sur le plancher océanique". Des nouvelles données qui semblent aujourd'hui favorables à l'apparition de la vie dans l'océan d'Encelade.

Ces récentes découvertes motivent une exploration future de ce satellite pour évaluer plus précisément les conditions physico-chimiques de cet océan à l'aide de mesure depuis l'orbite et in-situ.