• Le 02 mai 2016

Mars bouillonne. Si des traces d’eau ont été découvertes sur la planète rouge, on sait désormais qu’elle entre en ébullition lorsqu’elle apparait à la surface, modifiant considérablement la morphologie martienne. Des chercheurs internationaux, dirigés par Marion Massé, post-doctorante du Laboratoire de Planétologie et Géodynamique de Nantes (Université de Nantes - CNRS), ont prouvé ce phénomène. Une découverte qui risque de changer notre manière d’interpréter la surface martienne et de détecter l’eau.

Pour identifier l'eau sur Mars, les chercheurs comparaient jusqu'à présent les morphologies martiennes créées par l'eau avec celles que nous connaissons habituellement sur Terre (ravines, cheneaux,...). Mais certaines activités observées à la surface de la planète rouge ont récemment montré que l'eau sur Mars était bien plus instable que sur Terre et avait un impact beaucoup plus important que l'on imaginait. Pour le prouver, les chercheurs ont donc reproduit en laboratoire les conditions martiennes (faible pression de l'atmosphère) et fait fondre un glaçon d'eau pure puis d'eau salée sur une pente couverte de sable.

"Malgré la faible température (20°), on a constaté que l'eau produite par la fonte du glaçon rentrait immédiatement en ébullition en atteignant la surface", explique Marion Massé, post-doctorante au Laboratoire de Planétologie et Géodynamique de Nantes (LPG Nantes). "Au fur et à mesure de la progression de l'eau sur la pente, l'ébullition provoque l'éjection des grains de sable. Ceux-ci s'accumulent sous la forme de petites rides qui s'effondrent, créant de véritables avalanches de sable qui modifient considérablement la morphologie de la pente." Pour comparer, les chercheurs ont tenté la même expérience en conditions terrestres (2). A la même température, la fonte des deux glaçons a seulement montré une infiltration progressive de l'eau dans le sable ne laissant aucune trace à la surface. Rien de comparable avec Mars. "Ces observations montrent qu'une comparaison directe entre les différentes formes crées sur les 2 planètes n'est pas toujours un outil adéquat", conclut Marion Massé.

(1) Open University (UK)
(2) Laboratoire GEOPS - Université Paris Sud