La fin du monde était prévue pour 2012. Et puis finalement non. Mais cette prédiction est loin d'être la première et a toujours été une peur récurrente qui ne cesse de nous angoisser encore aujourd’hui. Un programme de recherche interdisciplinaire et international, piloté par le Centre François Viète (CFV – Université de Nantes), s’est donné pour objectif de comprendre et décrypter cette peur. Il tiendra son premier colloque du 8 au 10 juin à Nantes.

Impliquant plusieurs équipes de recherche françaises et étrangères (Japon, Australie, Royaume-Uni, Canada,...), parmi lesquelles des équipes de 9 laboratoires de l'Université de Nantes tout domaine confondu (histoire, philosophie, géographie, psychologie...), le programme de recherche ATLANTYS remonte le temps pour s'intéresser aux origines de cette angoisse de l'apocalypse en analysant tout particulièrement les réactions des populations face aux grandes catastrophes naturelles qui ont jalonnés notre Histoire (tsunamis, séismes, grandes sécheresses, cyclones,...).

"Ces évènements sont historiquement bien documenté à travers notamment des études scientifiques, des films catastrophes ou des romans de SF post-apocalyptique", explique Frédéric Le Blay, chercheur au Centre François Viète (CFV). "Etudier l'empreinte que ces catastrophes laissent sur les populations peut enrichir les débats d'aujourd'hui sur l'avenir de la planète, notamment dans le cadre du changement climatique."

De l'Atlantide à la catastrophe de Fukushima au Japon (2011) en passant par l'ouragan Katrina aux Etats-Unis (2005), les chercheurs explorent toutes les pistes s'intéressant aussi bien aux faits réels qu'aux mythes et croyances religieuses. Le programme ATLANTYS travaille également sur les nombreuses théories philosophiques de fin du monde, à la fois celles qui permettent d'expliquer une catastrophe naturelle comme celles qui tentent de justifier une prophétie. "Aujourd'hui les scenarii qui hantent les consciences sont liées au changement climatique (forte montée des eaux), mais on peut aussi envisager un big bang inversé..." conclut Frédéric Le Blay.