• Le 14 décembre 2015

Que s’est-il passé quelques secondes après le Big Bang il y a 13,8 milliards d'années ? Le laboratoire Subatech (Université de Nantes-CNRS-Ecole des Mines) collabore actuellement avec le Cern (Organisation européenne pour la recherche nucléaire), l’un des plus grands laboratoires scientifiques du monde, afin de percer les secrets de l'origine de l'Univers.

Les scientifiques nantais participent en effet depuis quelques années à l'une des 4 grandes expériences en cours à Genève, le détecteur Alice, dont l'objectif est d'explorer l'état de la matière dans la fraction de seconde qui a suivi le Big Bang par l'étude du plasma quark-gluon. "C'est un état de la matière déconfiné, où les interactions liantes des constituants des protons et neutrons sont annihilées" explique Ginés Martinez, chercheur de l'équipe Subatech - affiliée à Mines Nantes, au CNRS et à l'Université de Nantes.

Pour parvenir à observer la matière, les scientifiques multiplient les collisions de millions de particules dans l'accélérateur ALICE afin d'atteindre la température qui régnait au moment du Big Bang. "Le choc est si violent que  la matière atteint des températures incroyablement hautes, de plusieurs billions de degrés" souligne Ginés Martinez. Un moment d'une infime fraction de seconde, invisible à l'œil nu, que seuls des capteurs ultra perfectionnés et ultra sensibles permettent d'observer.

L'expérience a déjà permis de faire des avancées plus que significatives depuis plusieurs années. Mais les chercheurs veulent aller plus loin et améliorer encore la sensibilité d'ALICE. Le laboratoire Subatech travaille aujourd'hui avec l'Institut de recherche sur les lois fondamentales de l'univers (Irfu) du CEA, l'institut pluridisciplinaire Hubert Curien (IPHC) de Strasbourg et le Cern pour développer une nouvelle génération de capteurs qui seront capables d'observer 100 000 collisions plomb-plomb par seconde en 2020, contre 10 000 actuellement. Spécialisé en recherche appliquée et fondamentale en physique et chimie nucléaires, le laboratoire Subatech est le seul du Grand Ouest à travailler avec le laboratoire suisse. Le laboratoire est également impliqué dans d'autres projets internationaux comme la collaboration XENON qui travaille actuellement à la détection de la Matière Noire.