L'artiste Vincent Mauger, invité de la Biennal d'art Estuaire 2009 Nantes - Saint-Nazaire, raconte son parcours, son travail, son univers et son passage à l'IUFM des Pays de Loire pendant quatre mois. Rencontre.
Comment êtes-vous devenu artiste ?

« Au départ, je voulais être illustrateur pour livres d'enfants. Je dessinais beaucoup, mais petit à petit, je m'en suis éloigné. En 1999, j'ai obtenu mon diplôme des Beaux-Arts à Angers avant d'intégrer l'école des Beaux-Arts de Paris pendant un an. Là-bas, mon professeur m'a dit de partir sur de nouvelles bases. J'ai alors exploré d'autres techniques d'expression dont la sculpture. Après un master « Espaces plastiques, espaces numériques » à Rennes, j'ai terminé par un post-diplôme des Beaux-Arts à Nantes. »

Quelle est votre méthode de travail ?

« Je tente de matérialiser mes rêveries par rapport à l'espace, de créer un espace à l'intérieur d'un autre, comme l'espace de ma chambre ou d'une chapelle par exemple. J'essaie de partir du matériau comme le parpaing ou la planche en bois, Je m'en inspire en me demandant : Comment il se brise ? Comment il s'assemble ? Quel est son aspect ? Après, l'idée mûrie d'elle-même... Je teste un échantillon d'une pièce en cherchant une technique d'assemblage, puis je me lance dans la création de l'œuvre grandeur nature. »

Hormis les matériaux de construction, utilisez-vous d'autres formes d'expression ?

« Au départ, j'associais toujours la vidéo à une structure. Aujourd'hui, j'utilise la vidéo moins directement. Pour certaines œuvres, c'est plus pratique d'y recourir, surtout quand on manque un peu d'inspiration sur un sujet. C'est bien de pouvoir passer d'une forme d'expression à une autre. Cela permet de voir autre chose, de mettre de la distance. »

Comment l'idée d'une résidence à l'IUFM est-elle née ?

« J'ai été approché par l'IUFM il y a quelques temps, par l'intermédiaire du Lieu Unique, organisateur d'Estuaire 2009, qui cherchait un artiste en résidence à l'occasion de la biennale d'art. J'ai accepté. C'est toujours intéressant de faire des rencontres et de pouvoir partager le travail réalisé. »

« J'aime ce côté ludique de la construction »


Comment avez-vous travaillé pendant ces quelques semaines à l'IUFM ?

« Je n'ai pas fait de prototype ou de plan de construction à proprement parlé. J'ai juste essayé différentes techniques, en assemblant certaines pièces que j'ai moi-même construites. Voir quelles pièces étaient les mieux appropriées, comment elles pouvaient s'articuler entre elles. »

Pour créer cette œuvre gigantesque, quelle a été votre idée de départ ?

« Au début, j'étais parti sur une construction de type filaire, comme les jeux d'enfants dans les parcs. Finalement, j'ai opté pour une solution plus proche de ma pratique habituelle, avec des matériaux simples et ordinaires à assembler. J'aime ce côté ludique de la construction, comme dans un jeu de mécano, à la fois très simple et répétitif. »

« Avoir une vision globale de mon œuvre »


Comment s'est passée la construction dans cette « cour » du Lieu Unique ?

« La construction s'est étalée pendant près de trois semaines, avec l'aide de 5-6 personnes. Nous avons commencé par le fond de la cour puis avancé progressivement par ligne. Pour nous repérer, nous avons placé des gabarits au sol pour respecter l'alignement, puis placé les éléments à différentes hauteurs en les glissant par des piquets. »

En quelques mots, comment définissez-vous cette création ?

« J'ai voulu, par cette construction, que le public ait la perception d'un paysage, d'une surface, mais aussi d'une charpente, d'une architecture. Mon intention est que le visiteur puisse faire le tour de cette œuvre et puisse se balader sous la surface. Je veux que le public puisse avoir une vision globale de ma création. »