Personnel de l'université

Pascale MOULEVRIER

Maître de conférences HDR en sociologie à l'UCO Angers. Chercheur au CENS CNRS UMR 6025 Université de Nantes Responsable du Master Sociologie "Métiers du développement territorial et de l'économie sociale et solidaire", UCO Angers

Coordonnées

Tél
0675867247
Mail
Pascale.Moulevrier@univ-nantes.fr

Discipline(s) enseignée(s)

Sociologie ; Méthodologies - Traitement des données - Concepts - Sociologie économique - Séminaire de recherche - Suivi de mémoires (Master 1 et 2 Sociologie) - Direction de thèses (4)

Thèmes de recherche

Thématiques de recherche : l’espace et les institutions bancaire français, les organisations de finances solidaires, les politiques publiques de microcrédit et d’éducation financière, l’économie sociale et solidaire comme monde du travail, les groupes professionnels (banquiers, agents de crédit, travailleurs sociaux), les usages sociaux de l’argent, les conduites et les croyances économiques, les inégalités économiques et sociales.

Activités / CV

Octobre 2012 : HDR, De l’économie d’un parcours à une sociologie des conduites économiques, Université de Nantes.

Responsabilités de programmes (sélection parmi les programmes les plus récents) :

Responsable scientifique de la Journée d’études « La fabrique de la finance », CENS, Université de Nantes, 12 juin 2017.

Collaboration au Projet « Se faire payer. Analyse sociologique des pratiques de recouvrement des particuliers », LATTS [Financement BQR Université Paris-Est], 2016-2017.
Responsable scientifique du Projet « Parcours Confiance, Relation de confiance ? Les cadres sociaux du microcrédit personnel », CENS [Financement Caisses d’Epargne].

Membre du Projet de recherche « Agir dans les quartiers », CENS [Financement AFPA Montreuil], 2016-2017.

Membre du Projet « Endettement », CSO [Financement], 2016-2017.

Membre du Projet « La financiarisation des économies domestiques », USPC [Financement], CESSMA, CSO, 2015.

Membre du comité scientifique pour les journées d’étude « Aux marges de l’enquête. Retours sur les matériaux mis au placard », Cens FRE CNRS 3706-MSH, 1er et 2 octobre 2015.

Directrice scientifique du programme « Intégration bancaire », CENS-MSH Ange Guépin Nantes, 2014-2015 [Financement Nantes Métropole].

Membre du comité scientifique du colloque « Jeunesse, engagement, association, participation », LRPMip, Université de Toulouse, AFS, Figeac, 4 et 5 juin 2015.

Membre du programme PICRI : « Le dialogue social dans les entreprises de l’économie sociale : Etat des lieux et perspectives », coordonné par Matthieu Hély et Maud Simonet ; IDHE, Région Ile de France (2010-2014).

Membre de l’ANR SOMBRERO – Sociologie du militantisme, biographies, réseaux, organisations – coordonné par Olivier Fillieule, CESSP-UMR 8209 (2013-2016).
Membre du comité d’organisation et du comité scientifique du colloque « Le non recours en débat. Expériences et usages des droits et des services sociaux parmi les professionnels et les ayant droits », MSH Confluences, Angers, 6 décembre 2013.

Membre du programme « Offre, Usages, Expertise des Services au profit du Territoire – OUEST », Axe « La production des politiques publiques et les dynamiques citoyennes sur les territoires », Maison des Sciences de l’Homme Ange Guépin de Nantes, ESO, CENS, 2012-2014, [Financement Région des Pays de la Loire]. Co-organisation du colloque « Le non-recours en débat. Expérimenter (ou non) les droits et services sociaux », ESO, CENS, MSH Angers, Novembre 2013.

Membre du projet « Usages des Chiffres dans l’Action Publique territoriale – UCAP », CENS, LEMNA, DCS, CARTA, GREGUM, CARE (2009-2012) [Financement Région des Pays de la Loire]

Responsable scientifique du colloque international « Les usages sociaux de l’argent », Journées scientifiques de l’Université de Nantes, CENS-MSH Ange Guépin, 6 et 7 juin 2011.

Directrice scientifique du projet « Usages sociaux et représentations de l’argent », CERIPSA-CENS-Ecole des mines Nantes-CSE-MSH Nantes (2007-2011) [Financement Région des Pays de la Loire].

Membre du projet « Analyse interdisciplinaire des expérimentations locales du microcrédit social : premiers résultats en Pays-de-la-Loire, Poitou-Charentes, et Seine-Maritime », Equipe de recherche FIMOSOL, ESSCA-CeRESS, CARTA UMR 6590 CNRS, CRESS LESSOR, CENS, CREM, CRIEF (2010-2011) [Financement Direction générale de la cohésion sociale – DGSE].

Membre du comité d’organisation du colloque international « Le défi des anticipations », IPSA-UCO, 28-30 janvier 2009.

PUBLICATIONS (sélection) :
Livres :
P. MOULÉVRIER, M. HELY, L’économie sociale et solidaire : de l’utopie aux pratiques, Paris, La Dispute, 2013.

Chapitres de livres :
P. MOULÉVRIER, M. HÉLY, « L’économie sociale et solidaire : Les enjeux politiques de la quantification, ou ce que disent peu les chiffres », in M. Mespoulet (dir.), Usages des chiffres dans l’action publique territoriale, Rennes, PUR, à paraître 2017.


P. MOULÉVRIER, « Banques coopératives : une place sociale dans la finance », in Isabelle Chambost, Marc Lenglet, Yamina Tadjeddine (dir.), La fabrique de la finance, Paris, Presses du Septentrion, 2016.

P. MOULÉVRIER, « Les banquiers solidaires : pour une économie de la rupture ? », in M. Hély, M. Simonet, Le travail associatif, Paris, Presses Universitaires de Paris Ouest, 2013, pp. 111-126.

P. MOULÉVRIER, N. VÉZINAT, « Le titre et le poste, la figure du « cadre » comme enjeu. Regards croisés sur des financiers atypiques », in Bouffartigue, P., Gadéa, C., Pochic, S., Cadres, classes moyennes : vers l’éclatement, Paris, Armand Colin, 2011, pp.65-75.


Articles :

P. MOULÉVRIER, G. HOUDEVILLE, « Des permanences pour la formation et l’emploi dans les quartiers : nouvelle chance, nouveau défi… pour les institutions ? », Formation Emploi, à paraître.

P. MOULÉVRIER, B. MIALET, « Education bancaire et financière : l’émergence d’un nouvel espace de formation des pauvres », Revue Tiers-Monde, Paris, Armand Colin, à paraître 2015/2016.

P. MOULÉVRIER, C. SUAUD, « Les usages institués et stratégiques de l’histoire d’une organisation : le Crédit Mutuel », Sociologies pratiques, Paris, Presses de Sciences Po, 2014, pp. 73-82.

P. MOULÉVRIER, « Le crédit donné aux pauvres. Droit à l’endettement et financiarisation de l’action sociale », in « L’agence financière. Volume 1 » coordonné par Sabine Montagne et Horacio Ortiz, Sociétés contemporaines, n°92, 2013, pp. 89-106.

P. MOULÉVRIER, « Les structures sociales du marché bancaire français », Revue Française de Socio-économie, n°9, avril 2012, p. 23-41.
P. MOULÉVRIER, P. GLEMAIN, « Le microcrédit : un crédit comme les autres ? », RFSG, n°249-250, juin 2011, pp. 123-131.
P. MOULÉVRIER, « Les « banquiers solidaires » ou la légitimation d’une « profession économique » », Formation Emploi, septembre 2010, n°111, pp. 51-65.
P. MOULÉVRIER, M. HÉLY, « « Economie sociale et solidaire » : quand les sciences sociales enchantent le travail », Idées, n° 158, Décembre 2009, pp.30-41.


Corps

Enseignant-chercheur

Informations complémentaires

Thématiques de recherche :

1. « Banquiers » solidaires, microcrédit et politiques d’éducation financière


Une enquête portant sur les trajectoires sociales et professionnelles des dirigeants (salariés et bénévoles) et des chargés de crédit dans les institutions de finances solidaires d’une part et sur les pratiques professionnelles de ces « banquiers solidaires » d’autre part a pour ambition d’interroger, dans cet espace de la solidarité financière, les modalités de l’existence même du micro-crédit social et professionnel avec ou à côté des banques, les logiques singulières ( ?) de carrières et les modes d’exercice du métier et du rapport au « client ».

L’objectif est ici de reconstituer progressivement, en considérant l’histoire des différents établissements, l’espace régional (Pays de la Loire) de la finance solidaire du point de vue des logiques institutionnelles qui le composent comme espace plus ou moins concurrentiel et plus ou moins autonome du champ bancaire d’une part et du champ de l’action sociale d’autre part.

Par ailleurs, une enquête s’est donnée pour objectif d’interroger les circuits par lesquels les « bénéficiaires » du microcrédit sont identifiés comme tels par les institutions et d’identifier les indicateurs d’octroi ou de refus de prêts. Il s’agit ici de comprendre également les formes de non-recours à de tels dispositifs, et de déconstruire le « droit au crédit » tels que les dispositifs juridiques récents (Loi Borloo, Loi Lagarde) participent à le définir.

Les recherches en cours ont pour ambition de creuser les processus de construction sociale de ces politiques publiques/privées de financiarisation de l’accompagnement des plus pauvres.

L’ensemble de ces travaux permettent en transversalité de comprendre les modalités différenciées d’appropriation ou de recours à ces dispositifs en fonction de variables comme la situation professionnelle, le niveau de diplôme, le statut dans l’emploi, l’origine sociale et géographique, l’âge, la génération, le sexe ; ces variables étant elles-mêmes à considérer au regard du traitement différencié que peuvent leur accorder les institutions qui les « accompagnent ». C’est à ce titre que certains groupes sociaux ont pu être identifiés soit comme particulièrement attendus par ces dispositifs : soit parce qu’ils sont identifiés comme cible à atteindre par les financeurs ; soit parce qu’ils incarnent la figure la plus sûre en termes de couverture de risques.


2. Les usages sociaux de l’argent

Les recherches conduites partent de l’hypothèse très générale que les usages de l’argent sont socialement construits et que les conduites économiques sont indissociables du sens qui participe à les rendre possibles, aux yeux de l’individu, et légitimes, à l’échelle des sociétés. Le niveau des ressources monétaires est un indicateur des formes que peuvent prendre les pratiques monétaires et les relations marchandisées. Pour autant ce niveau de revenu n’explique pas tout si l’on s’en tient par exemple aux manières multiples de dépenser ou d’épargner son argent observées au travers des pratiques économiques d’individus percevant mensuellement les mêmes montants.

L’enquête effectuée sur les usages sociaux de l’argent des populations économiquement marginales a montré que les processus de socialisation, le rapport au temps, le statut matrimonial, etc. constituaient autant de critères objectifs de construction d’usages singuliers de l’argent d’une part et de rapports spécifiques aux institutions financières d’autre part.

Ces travaux donnent aujourd’hui lieu à la production d’un documentaire en collaboration avec Céline Thiou, cinéaste, permettant à la fois de (dé)montrer la place singulière de l’argent dans l’organisation concrète des relations sociales contemporaines mais également d’initier un travail de réflexion sur le point de vue en sociologie dans la continuité des nombreux travaux de sociologie visuelle française et américaine, notamment.


3. L’économie sociale et solidaire

L’examen des banques et de la relation entre un banquier et son client, débutée avec le travail sur le Crédit Mutuel, a permis de mettre à jour la réalité d’un espace bancaire non seulement concurrentiel mais également structuré autour de positions institutionnelles historiquement acquises. Au sein de cet espace, les établissements bancaires se différencient également du point des vue des moyens (financiers et humains notamment) dont ils disposent et de la volonté qu’ils affichent d’assumer, dans la mise en œuvre de leurs activités, l’exclusive logique du profit.

Sur quels fondements idéologiques ces structures se sont-elles développées ? Comment, depuis le XIXème siècle renouvellent-elles à la fois leurs discours et leurs activités ? Quelles formes prend alors, dans ces structures, cet équilibre difficile et instable entre profit et solidarité ? Comment certaines institutions puisent, dans cet idéal de l’économie de l’autrement, les ressources aux principes mêmes de leur fondement et au secours perpétuellement recodé de leur pérennisation ? Quelles sont ces institutions ? Comment, sans opposer la morale à l’argent [Zelizer, 2005], comprendre que ces organisations, portées par des agents disposés à une « autre économie », parviennent à la fois à prendre une place rentable sur un marché auquel elles appartiennent nécessairement et en même temps à croire à leur altérité ? La recherche perpétuelle de la différence, associée parfois à la faiblesse des moyens financiers que leur confère cette place hybride, conduit-elle à des stratégies organisationnelles spécifiques ? A-t-elle des effets sur l’activité professionnelle et le rapport au travail des salariés de l’ESS ?

De plus, comprendre ce qui se fait aujourd’hui sous cette bannière « ESS » ne peut faire l’économie d’une socio-histoire de ses institutions, qui permet notamment d’interroger la réalité de l’« alternative », de l’« innovation » telle qu’elle est prônée par les défenseurs contemporains de cette économie non profitable.

Enfin, le statut et le cadre juridique des entreprises (associatif, coopératif, commercial), plus ou moins lié à des choix en termes de fiscalité, ainsi que l’enjeu de leur financement (encore une fois indissociable du rapport au financeur – banques et aides publiques), sont des entrées incontournables pour comprendre les transformations contemporaines de ces entreprises de l’ESS. Tout en se développant massivement (du point de vue du nombre de structures et de salariés), elles sont en effet confrontées à de nouvelles contraintes du côté des financements publics et à de nouvelles revendications du côté de leurs travailleurs.

4. Les logiques propres aux différents groupes bancaires français

Dans la relation bancaire sont à l’œuvre des processus complexes de construction de rapports sociaux singuliers qui dépassent dans chacune des banques observées le strict cadre du contrat financier. Il est donc essentiel d’interroger les banques dans leur histoire sociale, les particularités relatives à leur appartenance au secteur privé ou au secteur public, leurs singularités locales, et régionales, les contraintes juridico-politiques nationales et européennes qui pèsent sur leurs organisations. Ce sont autant de critères semblant jouer notamment sur les “ conceptions ” du risque ou de la confiance et sur les pratiques qui en découlent.

De plus, ce qui justifie d’un point de vue scientifique l’approfondissement de ce travail sur les banques, c’est qu’elles forment un terrain largement fermé à l’investigation sociologique. Le travail de construction de l’objet en tant qu’il relève tout autant d’une démarche empirique que d’une démarche théorique a permis à ce jour de lever en partie l’obstacle de la difficulté d’accès au terrain. Le travail engagé sur le recouvrement de la dette des plus démunis a notamment pour ambition de conduire des investigations au sein des plateformes dédiées au sein des banques, espaces très protégés par les établissements et donc l’accès est acquis pour certains, en cours de négociation pour d’autres.