Personnel de l'université

François CLEMENT

Maître de conférences HC en langue et civilisation arabes.

Coordonnées

Faculté des Langues et Cultures étrangères Département d'Etudes arabes chemin de la Censive-du-Tertre BP 81227 44312 NANTES cedex 3

Bureau
CIL - 726
Tél
02 40 14 13 47
Mail
Francois.Clement@univ-nantes.fr

Discipline(s) enseignée(s)

Civilisation arabe. Traduction (version)

Thèmes de recherche

Qualifié dans les 15e et 21e sections, je suis arabisant et historien médiéviste. La plupart de mes travaux de recherche sont de nature historiographique. Cependant, ma double formation me conduit tout naturellement à attacher de l’importance aux questions d’ordre philologique, notamment aux modalités de l’énonciation. L’attention que je porte aux éléments formels du texte n’est toutefois pas une fin en soi. Je l’envisage plutôt comme un moyen de récupérer des données négligées par les travaux antérieurs. Par ailleurs, l’intérêt que je porte au monde arabe contemporain (il relève de mon enseignement de civilisation à l’Université de Nantes, notamment en LEA) tout comme les activités qu’il m’a été donné d’exercer dans l’espace culturel nantais me procurent le recul méthodologique sans lequel il me semble difficile de conduire une recherche visant à la compréhension sensible des sociétés du passé, notamment dans le domaine des études arabes où, il faut bien le reconnaître, perdure parfois une certaine forme de conservatisme. Ma spécialité est l’histoire du monde arabo-musulman à l’époque classique, plus particulièrement celle de l’Occident musulman (al-Andalus et Maghreb extrême) du Xe au XIIIe siècle. Je me suis d’abord intéressé à la géographie et aux représentations de l’œcoumène telles que les ont élaborées les auteurs arabes médiévaux. Dès mon mémoire de maîtrise (traduction annotée des chapitres du Kitâb al-masâlik wa-l-mamâlik de Bakrî consacrés à la péninsule Ibérique et à l’Europe, 150 p.), j’ai été confronté à la question de la langue dans le travail de l’historien. Plutôt que d’opposer les approches linguistique et historiographique, dont aucune ne pouvait rendre compte d’un objet qui s’avérait irréductible à une seule de ses dimensions, soit textuelle soit documentaire, il m’a semblé qu’il fallait, au contraire, conjuguer de façon intime cette double potentialité. J’en ai tiré la conviction que le cloisonnement disciplinaire réduisait le champ de la recherche et j’ai, depuis, toujours essayé de rouvrir l’espace, en travaillant autant avec les littéraires qu’avec les historiens, quitte à passer pour un arabisant aux yeux des historiens et pour un historien aux yeux des arabisants. En œuvrant, également, à gommer la frontière entre histoire médiévale et histoire ancienne. Je pense y être parvenu, du moins localement, grâce à la création, au sein de la MSH de Nantes, d’un séminaire de recherche associant médiévistes et antiquisants autour de la thématique des contacts, des échanges et des transferts dans le monde méditerranéen dans l’Antiquité et au Moyen-Âge (2000-2004). Tentative réussie, puisque le séminaire devait donner naissance à l’EREMAM (Équipe de recherche sur les échanges en Méditerranée antique et médiévale), équipe d’émergence labellisée par l’Université de Nantes (2005-2007) puis incorporée au sein du CRHIA (Centre de recherches en histoire internationale et atlantique, EA 1163, Université de Nantes), où elle s’est maintenue de façon informelle jusqu’à sa renaissance, à la fin de l’année 2009, en tant que composante à part entière du laboratoire. Entre temps, j’avais exploré dans ma thèse de doctorat la question du pouvoir dans l’Islam classique, en prenant pour exemple l’Espagne musulmane du XIe siècle, celle de l’apparition des taifas et de l’éclatement du califat. Je m’étais attaché, notamment, à évaluer la dimension symbolique du pouvoir, qui fonde et reflète à la fois la légitimité du prince, ceci à travers l’analyse de quelques prérogatives régaliennes ou pseudo-régaliennes comme la titulature et la frappe monétaire : deux domaines où il est également question de langue et de mots. À nouveau confronté aux ambiguïtés du discours, ici du discours politique, littéraire et historiographique qui voile et dévoile en même temps la réalité sous-jacente, j’ai développé de la circonspection à l’égard des modèles interprétatifs (dans la mesure où ils ne sont, souvent, que l’avatar moderne de la pensée rhétorique) et une seconde conviction, celle que les sources écrites doivent être abordées en tant que documents textuels, c’est-à-dire obéissant aux règles formelles d’un code de connivence, même s’ils expriment, aussi, une sensibilité particulière, une façon d’être au monde. C’est donc très naturellement que mon intérêt, petit à petit, s’est déplacé vers des notions discrètes, presque impalpables, qui ont trait à la « chair » de l’histoire, aux individus : leurs habitudes et leurs modes ou codes de pensée, leur imaginaire, leurs croyances intimes, leurs peurs et leurs désirs, leurs transactions avec la loi. Cette orientation m’a conduit à privilégier des thèmes ayant trait à la vie quotidienne, aux images mentales et aux perceptions de la réalité, ainsi qu’aux écarts à la norme (consommation d’alcool, préférences sexuelles, etc.). Il s’agit moins d’une histoire des mentalités que d’une tentative de restitution, presque anthropologique, des hommes et des femmes du monde arabo-musulman médiéval. Je n’ai pas hésité à utiliser, à cette fin, le corpus littéraire (au sens propre), notamment la poésie, partant de la constatation, facile à vérifier dans l’Islam médiéval, que le juriste, le lettré-écrivain, le chroniqueur, le savant et le poète sont, la plupart du temps, une seule et même personne, et qu’il serait absurde de démailler le tissu du texte au motif que tel fil relèverait de la compétence de l’islamologue, tel autre de celle de l’historien et tel suivant du spécialiste de la littérature… Toutefois je demeure profondément historien, dans la mesure où je ne sais pas isoler l’individu de la société à laquelle il appartient et de l’époque dans laquelle il vit, ni de l’environnement qui l’entoure, à commencer – et on a trop longtemps, je crois, sous-estimé ce paramètre – par l’environnement naturel. J’ai donc mené un nouveau chantier en lançant le projet 3C2MA (2006-2011) sur le climat, les événements géologiques (séismes, tsunamis, éruptions volcaniques) et les crises sanitaires (épidémies, épizooties) ayant affecté le monde méditerranéen antique et médiéval.

Activités / CV

Liste non exhaustive de publications récentes

DO - Direction d'ouvrage ou de revue

2011 - Histoire et Nature. Pour une histoire écologique des sociétés méditerranéennes (Antiquité et Moyen Age), sous la dir. de F. Clément, Rennes, PUR, 314 p.

2010 - Minorités et régulation sociale en Méditerranée médiévale, sous la dir. de S. Boisselier, F. Clément et J. Tolan, Rennes, PUR, 350 p.

2008 - Les vins d'Orient, 4000 ans d'ivresse, sous la dir. de F. Clément, Nantes, Les Éditions du Temps, 192 p. (Gourmand World Cookbook Awards France, Best Wine History Book 2008).

OS - Ouvrages scientifiques ou chapitres d'ouvrages

2011 - « L'historien et les phénomènes naturels : un effort d'appropriation » et « L'exploitation des sources arabes (al-Andalus et Maghreb) dans le cadre du projet 3C2MA », dans F. Clément (dir.), Nature et Histoire, Rennes, PUR, 14 p.

2010 - « Monde musulman - époque médiévale », dans O. Pétré-Grenouilleau (dir.), Dictionnaire des esclavages, Paris, Larousse, 6 p.

ACL - Articles dans des revues internationales ou nationales avec comité de lecture

2013 - « Le discours de la guerre dans la propagande almohade », Stratégiques, 103 (Stratégies arabo-musulmanes et irrégularité. Culture et discours de la guerre, sous la dir. de D. Manet, M. Gharrafi, S. Taillet et M. Robache), 10 p.

2012 - « Nomear o outro : quem são os Ifranj (Francos) das fontes árabes da Idade Média (Andaluz e Magreb) ? », Revista do Círculo de Estudos Bandeirantes, 26, Curitiba (Brésil), 23 p. (trad.du français)

2012 - « L'Islam andalou dans l'historiographie européenne (non ibérique) », Revista Diálogos Mediterrânicos, 2, UFP (Brésil), 14 p.

ACTI - Communications avec actes dans un colloque international

2013 - « De l'arbre et de la chamaille : autour de la racine arabe R », dans J. Pigeaud (dir.), L'arbre, ou la raison des arbres, XVIIes Entretiens de la Garenne-Lemot, Rennes, PUR, 13 p. + 6 pl.

2012 - « Les bornes et au-delà des bornes : idoles, cités et femmes des confins de l'Univers selon la vision arabe à l'époque médiévale », dans J. Pigeaud (dir.), La limite. XVIes Entretiens de La Garenne-Lemot, Rennes, PUR, 14 p. + 7pl.

2011 - « Le programme de recherches 3C2MA », dans M. Fort et F. Ogé (dir.), Risques naturels en Méditerranée occidentale, Paris, PRODIG-CNRS, 14 p.

2011 - « Jeux de miroirs : quelques variations autour du mot arabe mir'ât », dans J. Pigeaud (dir.), Miroirs. XVes Entretiens de la Garenne-Lemot, Rennes, PUR, 14 p. + 2 pl.

2010 - « Les homosexuels dans l'Occident musulman médiéval : peut-on parler de minorité ? », dans S. Boisselier, F. Clément et J. Tolan (dir.), Minorités et régulations sociale en Méditerranée médiévale, Rennes, PUR, 24 p.

2010 - « Les relations interreligieuses en Andalus (Espagne musulmane) du IXe au XIIIe siècle : déconstruction d'un mythe ? », dans F. Rognon (dir.), Le buissonnement monothéiste. Les régulations du pluralisme dans les religions du Livre, Strasbourg, PUS, 19 p.

ACTN - Communications avec actes dans un colloque national

2012 - « Ni guerre, ni paix : l'économie de la violence politique dans l'Espagne musulmane du XIe siècle, le cas de Séville », dans I. Chave (dir.), Faire la guerre, faire la paix : approches sémantiques et ambiguïtés terminologiques, Éditions du CTHS, 9 p., 1 carte (éd. électronique)

2011 - « Variations andalouses sur le corps du délit : corps puni, corps humilié dans l'Occident musulman médiéval », dans L. Bodiou, V. Mehl et M. Soria (dir.), Corps outragés, corps ravagés de l'Antiquité au Moyen-Age, Turnhout, Brépols, 20 p.

2011 - «Agronomes et viticulture dans l'Espagne musulmane (XIe-XIVe siècle) », dans S. Delbrel et B. Gallinato-Contino (dir.), Les hommes de la vigne et du vin. Figures célèbres et acteurs méconnus, Paris, Éditions du CTHS, 14 p.

2011 - « Écrire la rumeur : les marqueurs d'accréditation dans les sources arabes médiévales», dans M. Billoré et M. Soria (dir.), La rumeur au Moyen Âge. Du mépris à la manipulation, Rennes, PUR, 18 p.

2010 - « Nommer le territoire : le cas de sources arabes (Maghreb et Andalus) », dans S. Boisselier (dir.), De l'espace aux territoires. La territorialité des processus sociaux et culturels au Moyen Âge, Turnhout, Brépols, 14 p.

Suite dans « infos complémentaires »

Corps

Maître de conférences HC

Informations complémentaires


À paraître prochainement

- Le rôle des limites et frontières dans la formation des territoires médiévaux, sous la dir. de S. Boissellier, F. Sabaté, N. Baron et F. Clément, Turnhout, Brépols.

- Histoire et Nature (2). Les crises sanitaires en Méditerranée antique et médiévale (nouvelles approches), sous la dir. de F. Clément.

- « Al-thagr : face à qui, face à quoi ? », dans S. Boissellier et I. Cristina Fernandes (dir.), La territorialisation des territoires frontaliers entre la Chrétienté et l'Islam, de la guerre à la paix, Turnhout, Brépols, 15 p.

- Articles « Taifas » et « Umma », dans G. Martin (dir.), Dicconario de Historia Medieval Ibérica, Akal, 5 p.  et 4 p.

- « Cheval noir, barbe rouge, bannière jaune : quelques observations sur les couleurs d'après les sources maghrébo-andalouses », Mélanges de la Casa de Velázquez, 23 p.