• Fin 2017

Le CRINI a le plaisir de vous faire part de la publication du volume « Codes, termes et traductions : enjeux transdisciplinaires » sous la direction d'Enrica Bracchi et de Dominique Garreau.

Cette publication réunit les actes du Colloque international Codes, termes et traductions : enjeux transdisciplinaires qui a eu lieu les 22 et 23 janvier 2015 à l’Université de Nantes, avec pour objectif de répondre aux trois questionnements suivants : pourquoi, pour qui et pour quoi traduire un Code ? Quelle(s) sont les méthode(s) pour traduire un Code ? Et comment transposer l’« esprit » du Code à traduire ?

Dans le premier chapitre, les auteur.e.s apportent des éclairages sur l’intérêt de traduire certains codes. Valérie Pironon et Michel Séjean s’interrogent ainsi sur la traduction en anglais des codes français, traduction qui permet d’accompagner l’épanouissement international des entreprises et de faire connaître le droit français à tout usager anglophone. Parfois, la traduction d’un code est primordiale pour que les citoyens d’une région bilingue (ici région bilingue italien et allemand du Haut-Adige) puissent accéder à la loi, comme le montre Stefania Cavagnoli. Enfin, Carolina Simoncini relève qu’il a été nécessaire de traduire le Code Napoléon en langue italienne pour permettre à l’Italie d’avoir son Code civil, tout en l’adaptant aux spécificités culturelles de ce pays.

Dans le deuxième chapitre, Marie-Eugénie Laporte-Legeais et Estelle Roy expliquent que traduire sans trahir est le leitmotiv des chercheurs-traducteurs-terminologues de Juriscope, responsables de la traduction officielle des codes français et de codes étrangers et ce, dans la langue française. Elles insistent sur la difficulté accentuée lorsque les systèmes juridiques source et réception de la traduction sont très différents et que les langues et cultures n’ont rien de commun, telle la traduction du droit chinois en langue française, comme le démontre Zhuang Han dans son analyse.

Enfin, dans le troisième chapitre, les auteur.e.s soulignent que les codes, loin d’être des simples recueils de lois, sont porteurs d’une culture juridique propre qui doit être (ou non ?) respectée lors de la traduction et que les termes choisis par le législateur révèlent des concepts juridiques et culturels attachés à la période historique dans laquelle ces codes ont été rédigés. La traduction du Code civil louisianais est ainsi révélatrice de cette problématique comme le montre Olivier Moréteau appuyé par Stève Desgré qui souligne que l’histoire ne peut pas être oubliée surtout quand le texte à traduire est ancien. L’étude et la traduction des termes et concepts doivent donc se faire au regard de la période historique, ce qui permet, comme le montre l’article d’Enrica Bracchi d’analyser par exemple l’évolution du statut juridique des membres de la famille italienne. Enfin, Barbara Pozzo se penche sur la question de la rédaction d’un Code européen, qui soulève des problématiques relevant non seulement de la traduction et de la transposition linguistique mais également de concepts juridiques parfois propres à chaque État.