• Le 23 mai 2016

Des chercheurs de l'Institut de Recherche en Communications et Cybernétique de Nantes (IRCCyN - Université de Nantes – Centrale Nantes – CNRS – Mines Nantes) travaillent actuellement sur une main robotique pilotée naturellement depuis notre cerveau.

Marcher, serrer la main de quelqu'un, prendre un objet sur une table... toutes ces actions les plus simples de notre quotidien sont commandées et pilotées par notre système nerveux. Des gestes élémentaires qui restent difficiles à reproduire avec une prothèse chez les sujets amputés. "Lorsque l'on subit l'amputation d'un membre, les signaux naturels, qui sont l'image au niveau du muscle, de l'ordre envoyé par notre système nerveux central, subsistent en au dessus de l'amputation", explique Eric le Carpentier, enseignant à Centrale Nantes et membre de l'équipe Analyse et Décision en Traitement du Signal et de l'Image à l'IRCCyN.

"Notre objectif est de cibler ces signaux, de les comprendre et de les utiliser pour permettre à la personne amputée de piloter une prothèse de main de façon précise et satisfaisante." Pour y parvenir, les chercheurs nantais partent du signal électro-myographique récupéré sur le muscle à l'aide d'électrodes et vont reconstituer l'entrée de commande neuronale émise par le cerveau qui vise à effectuer une certaine action. "Cette inversion permet de reconstituer la source du signal émise par le système nerveux, pour extraire l'information la plus riche, la plus naturelle et la plus robuste possible", souligne Eric Le Carpentier.

Après plusieurs années de développement au sein du laboratoire, les chercheurs de l'Institut de Recherche en Communications et Cybernétique de Nantes ont mis au point un algorithme d'inversion efficace. La commande neuronale ainsi reconstituée explique de manière satisfaisante les actions effectuées chez des sujets non amputés. L'objectif est de tester cet algorithme pour commander une main robotique. "Aujourd'hui, comme l'algorithme a une structure parallèle, on cherche à l'implanter sur des  processeurs parallèles tels que les processeurs graphiques. On peut également envisager de communiquer en temps-réel avec des centres de calcul très puissants, qui se substitueraient à l'électronique embarquée" souligne Yannick Aoustin, enseignant à l'UFR Sciences et Techniques de l'Université de Nantes et membre de l'équipe Robotique à l'IRCCyN. En parallèle, d'autres travaux de recherche sont menés pour améliorer la réponse de la main robotique, en lui faisant simuler des modèles musculaires.