• Le 18 mai 2018

Le président de l'université s'est adressé par mail à tout l'établissement le 18 mai 2018 pour revenir sur l'annulation des examens sur table pour les filières de Lettres Langues Sciences Humaines et Sociales et les violences à l'encontre des personnels de l'université, sur le campus Tertre.

Cher-es collègues, cher-es étudiant-es,

Dans le contexte du mouvement d’opposition à la loi ORE qui mobilise des étudiants et des collègues depuis plusieurs semaines, une minorité d’entre eux a décidé d’user de tous les moyens pour empêcher le bon déroulement des cours puis des épreuves.
Ce matin, un niveau de violence supplémentaire a été franchi.
À la suite de perturbations ayant conduit à une nouvelle annulation de certaines épreuves sur table aujourd’hui, plusieurs personnels administratifs de l’université présents sur place ont été très violemment pris à partie par quelques dizaines d’étudiants et deux enseignants, agressés verbalement et, pour certains, physiquement. Suite à ces agressions, sept collègues ont déclaré un accident du travail. Ils ont été reçus par une cellule de soutien psychologique et ils sont en état de choc.
Je condamne avec la plus grande fermeté ces agressions contre des personnels de l’université qui travaillaient à l’organisation et la surveillance des examens ; des fonctionnaires qui accomplissaient leur mission de service public. Elles s’ajoutent aux pressions, injures et diffamations dont ont été victimes des personnels de l’université depuis maintenant six mois et pour lesquelles nous avons déjà porté plainte.
Je tiens à affirmer mon soutien indéfectible à tous nos collègues agressés dans l’exercice de leurs fonctions. La Présidence se tient à leurs côtés dans le cadre de la procédure pénale qu’ils ont engagée.
Je souhaite également m’adresser à tous les collègues, enseignants-chercheurs et personnels administratifs, qui ont apporté leur contribution pour tenter que les examens aient lieu. Leur dévouement et leur mobilisation pour la continuité de notre mission de service public sont remarquables.
Nous avons fait tout notre possible pour que ces examens sur table se tiennent. Nous ne l’avons pas fait par zèle mais pour que les étudiants puissent obtenir leur diplôme dans les conditions de contrôle des connaissances, telles que validées en début d’année, afin de garantir l’équité.
Pour autant, et afin de garantir la sécurité des étudiants et des personnels, les épreuves sur table prévues pour les composantes Histoire, Histoire de l’Art et Archéologie, Sociologie, FLCE, IGARUN, Lettres et langages et Psychologiesont annulées pour l’ensemble de la session. De nouvelles modalités alternatives de contrôle des connaissances sont en cours d’élaboration par les UFR, qui communiqueront auprès de leurs étudiants très prochainement.
J’ai une pensée particulière pour tous les étudiants. J’entends ceux, très nombreux, qui souhaitaient passer les épreuves afin de valider leur diplôme et qui ont été empêchés de le faire. Plus encore, je pense aux étudiants qui ont été violemment pris à partie, puisque les agressions, hélas, n’étaient pas circonscrites aux personnels organisateurs. J’entends aussi celles et ceux qui désapprouvent le recours aux forces de l’ordre.
Je tiens à être très clair sur cette présence. Lundi, premier jour d’examen, nous n’avons fait appel aux forces de l’ordre qu’une fois le centre d’examen à la halle de la Trocardière bloqué physiquement. Par la suite, nous leur avons demandé d’être présentes au moment de l’ouverture de certains centres d’examens au vu des menaces de blocage publiquement communiquées. Le seul jour où nous ne l’avons pas fait, ce matin, à la Beaujoire, le centre a malgré tout été totalement bloqué, nous obligeant à annuler les épreuves prévues.
Les étudiants qui ont opéré les blocages, ainsi que ceux qui, soutenus par quelques enseignants-chercheurs, ont violemment pris à partie des personnels de l’université devant le Pôle étudiant sur le Campus du Tertre, doivent être conscients de la gravité et des conséquences de leurs actes.
La violence ne peut être un moyen pour se faire entendre. Nous prendrons les mesures et engagerons les poursuites disciplinaires qui s’imposent.
Au delà de la diversité des opinions, souvent fécondes et nécessaires, je souhaite de tout coeur une prise de conscience collective afin que notre communauté universitaire retrouve de la sérénité et se rassemble autour de nos missions de service public d’enseignement et de recherche.
Olivier LABOUX
Président de l’Université de Nantes