• Le 06 mars 2018

Des scientifiques du Laboratoire des sciences du numérique de Nantes (LS2N - Université de Nantes - CNRS - Centrale Nantes - IMT Atlantique) et du Centre François Viète (CFV) étudient actuellement l’activité scientifique des astrophysiciens de la mission spatiale Herschel pour rendre compte de son déroulement par data-visualisation. Une manière originale de voir comment se construit la recherche scientifique.

À Nantes, les chercheurs regardent comment la science se fabriqueSpécialistes dans l’exploitation, la fouille et la visualisation des données, les chercheurs de du LS2N (équipe DUKe) "explorent" les nombreuses "traces numériques" laissées par les astrophysiciens tout au long de la mission d’exploration de l’univers Herschel (2009-2013). "Nous avons à notre disposition des milliers de données brutes qui rendent compte des observations réalisées par les capteurs du satellite, mais aussi des centaines de publications scientifiques, des traces d’analyses lancées par les chercheurs,…", explique Florian Melki, ingénieur de recherche au Laboratoire des sciences du numérique de Nantes (LS2N).

Les informaticiens nantais travaillent depuis plusieurs mois dans le cadre d’un projet interdisciplinaire (Epistémé) sur ces données pour en extraire les informations les plus probantes susceptibles d’éclairer les chercheurs en sciences humaines travaillant sur la fabrique de la science. "L’analyse et la visualisation des données nous permettent de repérer les régularités ou au contraire les cas particuliers intéressants, mais aussi de vérifier qu’elles se recoupent avec d’autres" souligne Yannick Prié, professeur d’informatique à l’Université de Nantes et membre du LS2N.
 

"Ouvrir les boîtes noires de la science."
Vincent MINIER - chercheur associé au Centre François Viète (CFV)


Cette masse de données permet actuellement aux scientifiques nantais de modéliser numériquement l’activité des astrophysiciens, et proposer une exploration de ces données via une plateforme de data-visualisation (Hype). "Il s’agit de mieux rendre compte de ce qu’est une mission spatiale : comment elle s’est construite, déroulée, ce qu’on y a trouvé… Au fond, nous voulons ouvrir les boîtes noires de la science", souligne Vincent Minier, chercheur au Commissariat à l’énergie atomique (CEA) Irfu et chercheur associé au Centre François Viète (CFV). Les résultats de cette étude seront également mis à disposition des astrophysiciens, qui leur permettra d’avoir une approche réflexive sur leurs pratiques et de faire évoluer leur méthodologie et leurs techniques.