Métier actuel : Chargée de mission pour le Fonds Social Européen

- Qu'est-ce qui vous a décidé à choisir une licence philosophie ?
Avant tout, le goût pour cette discipline, plus tard le désir d'enseigner cette matière.
- Parlez-nous de votre insertion professionnelle après vos études...
Après deux tentatives infructueuses aux concours du capes et de l'agrégation, j'ai envisagé une réorientation vers les concours administratifs. Ceux-ci m'offraient en effet la possibilité de demeurer dans le secteur public, de suivre une formation rémunérée et d'obtenir un emploi rapidement. J'ai choisi de présenter deux concours (Institut Régional d'Administration et attaché territorial) dont les coefficients en culture générale étaient importants. Ainsi, les compétences acquises pendant mon cursus en sciences humaines pouvaient être un atout. En outre, les concours généralistes de catégorie A donnent accès à des carrières variées tant du point de vue de l'administration d'accueil que du point de vue des postes à pourvoir. J'y voyais la possibilité d'évoluer au gré de mes envies ainsi qu'une garantie contre la lassitude. Pour m'aider à acquérir un socle de connaissances minimal en droit, en économie et en finances publiques, j'ai suivi la préparation dispensée par l'Institut de Préparation à l'Administration Générale de Nantes. Après quelques mois, j'ai été reçue à l'Institut Régional d'Administration de Nantes. Un an plus tard, après une formation alternant cours et stages en administration, j'obtenais un poste de chargée de mission pour le Fonds Social Européen au ministère du Travail. Mon travail consiste à attribuer des crédits européens à des projets qui oeuvrent pour l'insertion professionnelle des publics éloignés de l'emploi (jeunes, femmes, handicapés, détenus, seniors, etc). C'est un poste qui concilie autonomie et travail en équipe, droit et finances, politiques sociales et contrôles de fonds publics.
- Que retenez-vous de vos études philosophiques ? Qu'est-ce qui a pu vous être particulièrement utile dans votre parcours professionnel ?
De mes études en philosophie, je retiens tout d'abord une culture générale solide et étendue à différents domaines (sciences, arts, religions, sociologie, histoire, politique) et une vive curiosité intellectuelle.
Je retiens ensuite une culture du doute et de la remise en question que l'on peut sans doute appeler rigueur intellectuelle. A cela s'ajoute une aptitude à la méthode et à l'organisation.
Je retiens enfin une aisance à exposer mes idées tant à l'écrit qu'à l'oral.
Ces trois qualités ont l'avantage d'être utiles tant pour obtenir un emploi que pour s'y maintenir.
- Comment avez-vous vécu votre entrée à l'université ?
J'étais ravie de pouvoir me consacrer entièrement à la discipline qui m'était chère. J'étais convaincue qu'en faisant des études qui me plaisaient, je pourrais exercer un métier qui me plairait aussi, même si à l'époque, j'ignorais tout du métier que j'exerce aujourd'hui et que je ne me voyais pas autrement que professeur.
- Dans votre licence de philosophie, avez-vous suivi des options ou des parcours spécifiques (type « philosophie parcours musique », options de langue) ? Cela vous a-t-il été utile ?
Pour l'agrégation, j'ai choisi de présenter l'épreuve de latin. Je reconnais que je n'ai pas souvent l'occasion de recourir au latin dans mon travail au quotidien en dehors de l'utilité qu'on lui trouve habituellement pour l'orthographe et la culture générale.
- La recherche en philosophie vous a-t-elle intéressée (master, thèse) ?
J'ai choisi de passer les concours tout de suite après ma maîtrise parce que je pensais que c'était le meilleur moment pour se consacrer à ce type d'exercice (temps et énergie disponibles pour cela, soutien financier de la famille), remettant le projet (éventuel) de recherche à plus tard. Depuis ma réorientation vers une carrière administrative, j'ai mis cette possibilité de côté, mais je ne l'écarte pas définitivement. Aujourd'hui, je collabore, à ma très modeste échelle, à un travail de réédition de l'auteur sur lequel j'ai fait mon mémoire de maîtrise. Cette opportunité est tout à fait fortuite, mais elle prouve que rien n'est définitivement clos.