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Présentation du projet Modimes : interview croisée
L'université de Nantes renouvelle son projet d'initiation aux langues moins dites et moins enseignées, sur le second semestre de l'année universitaire, avec le soutien financier de la Région des Pays de la Loire. La première édition du projet avait été lancée en décembre 2008, et avait suscité l'intérêt des personnels et étudiants de l'université.
Les langues concernées sont les suivantes :
- Norvégien
- Finnois
- Polonais
- Roumain
- Turc
- Vietnamien
Entretien avec :
Françoise Le Jeune Vice-Présidente en charge des relations internationales Responsable de l'Institut des Amériques (Université de Nantes) |
Sébastien Youinou Responsable de la Division des Relations Internationales
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Pourquoi l'Université de Nantes a-t-elle lancé ce projet ?
Sébastien Youinou : Nous avons constaté un manque de préparation linguistique et culturelle de certains de nos étudiants en mobilité internationale, en particulier vers des pays aux langues Moins Dites et Moins Enseignées.
Les étudiants arrivaient dans le pays sans connaître les bases de la langue ni de la culture, lié notamment au fait que certaines universités étrangères offrent des cours en anglais (ex. la Finlande). Afin de faciliter l'intégration des étudiants dans un nouveau cadre culturel et universitaire et atténuer le « choc culturel », l'Université a mis en place des modules d'initiation à six langues et cultures, ouverts gratuitement à l'ensemble des étudiants de l'Université sur le second semestre de l'année universitaire.
Nous avons également constaté que la différence de système et culture universitaires, notamment liés aux méthodes d'enseignement et de notations, conduisaient à certaines difficultés d'adaptation de nos étudiants en mobilité. Il était donc impératif de préparer les étudiants avant leur départ afin qu'ils réussissent au mieux leur mobilité.
Comment ont été choisies les langues proposées ?
Sébastien Youinou : Nous constations un certain déséquilibre des échanges vers certaines destinations. Par exemple, les étudiants de l'Université de Nantes expriment un fort intérêt pour une mobilité via le programme Erasmus en Norvège, mais peu d'étudiants norvégiens sont intéressés par une mobilité à Nantes. A l'inverse, peu d'étudiants de l'Université de Nantes réalisent actuellement une mobilité internationale en Roumanie (9 sortants en 2009), alors que l'Université de Nantes accueille cette année 74 étudiants roumains (en 2009).
Françoise Le Jeune : Le choix de ses langues - polonais, roumain, turc, vietnamien, finnois et norvégien - s'inscrit donc plus généralement au sein de la politique internationale de l'Université, afin de renforcer certains de ses échanges et coopérations avec des universités étrangères.
Nous souhaitons élargir notre mobilité étudiante dans l'espace Erasmus, la diversifier vers les pays de l'Europe du Nord et de l'Europe de l'Est, la Pologne et la Turquie par exemple. Nous n'avons pas uniquement choisi des langues européennes, mais également proposer des cours de langues non-européennes, en particulier le vietnamien, puisque l'Université de Nantes entretient depuis de nombreuses années des partenariats privilégiés avec des universités vietnamiennes, notamment à Danang et Hanoï. Cette ouverture à une culture et des traditions différentes permet également de travailler sur les concepts, images et préjugés que peuvent avoir certains des étudiants.
Sébastien Youinou : Il s'agit également de travailler à l'éducation à la citoyenneté. Nous proposons des cours de Turc, la Turquie étant candidate à l'adhésion au sein de l'Union Européenne et membre du programme Erasmus, ce qui est parfois mal connu par nos étudiants.
Quels sont les objectifs ?
Sébastien Youinou : L'initiation culturelle et linguistique figure au cœur de ce projet. Il n'était pas possible d'aller au delà, il s'agit de donner aux étudiants les bases de la langue, les expressions clés, afin qu'ils aient des repères linguistiques et culturels à leur arrivée dans le pays d'accueil.
Nous avons travaillé avec la mission langues de l'Université, afin de mettre en place un cadre et des supports pédagogiques pour les cours.
Ces cours permettent également à nos étudiants de développer de nouvelles compétences et de valoriser leurs CV.
Enfin, ce projet nous permet de valoriser l'action de l'Université de Nantes à l'étranger, en espérant renforcer la réciprocité de nos échanges avec les universités partenaires.
Quel type de tuteurs avez-vous recruté ?
Françoise Le Jeune : En 2009, nous avons recruté des étudiants natifs étrangers des universités partenaires qui étudiaient à l'Université de Nantes dans le cadre de leur formation ou d'un programme d'échange. Nous proposons également, en 2010, à des stagiaires étrangers des universités partenaires de l'Université de Nantes d'assurer ces cours.
Comment sont organisés ces cours ?
Sébastien Youinou : En 2009, nous avons programmé 8 cours de 2h (mars-avril), en 2010, nous proposons un module de 24h de cours de la fin du mois de janvier à la fin du mois d'avril. Ils sont dispensés au laboratoire de langues qui a été financé par le Conseil Régional des Pays de la Loire. Il est équipé d'un logiciel d'initiation pour l'ensemble des six langues proposées en accès libre (sur réservation).

Le laboratoire de Langues
Mis à jour le 26 février 2010
par Nadège SOUCHEREAU
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