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Mission Mars Science Laboratory : deux chercheurs du Laboratoire de Planétologie et Géodynamique de Nantes analysent la surface martienne

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4 septembre 2012

Deux chercheurs du Laboratoire de Planétologie et Géodynamique de Nantes (UMR-CNRS 6112 - LPGNantes) participent actuellement à la mission Mars Science Laboratory, lancée le 6 août dernier par le Jet Propulsion Laboratory (JPL) de l'Agence spatiale américaine (NASA). Nicolas Mangold et Stéphane Le Mouélic font en effet partie de l'équipe scientifique ChemCam chargée du traitement et de l'analyse des données récupérées par le rover Curiosity à la surface de Mars.

Tout au long de la mission, jusqu'en 2014, les deux chercheurs apporteront leur expertise et celle du laboratoire au service d'une équipe scientifique franco-américaine composée d'une quarantaine de chercheurs, dont 25 français. "Pendant les prochains mois, mon rôle va consister à interpréter géologiquement la composition chimique des roches récupérées par l'instrument ChemCam et de faire partager mes analyses avec le reste de l'équipe", explique Nicolas Mangold, géologue au LPGNantes et responsable français de l'exploitation scientifique des données ChemCam. Ingénieur de recherche CNRS au LPGNantes, Stéphane Le Mouélic a lui en charge l'outil de traitement des images et des données.

L'implication du Laboratoire de planétologie et géodynamique de Nantes (LPGNantes) s'inscrit dans les objectifs du laboratoire depuis sa création, en 2000. Le laboratoire a en effet été le premier à initier et développer des travaux scientifiques à l'interface entre la géologie et la planétologie. Le laboratoire a aujourd'hui comme mission "d'étudier la Terre pour mieux comprendre les planètes... et réciproquement", résume Olivier Grasset, directeur-adjoint du LPGNantes.

Pour analyser les données martiennes, l'équipe scientifique s'appuiera sur les données récupérées par ChemCam, instrument embarqué sur le rover Curiosity permettant d'analyser les roches à distance. "Le rover repère une roche, la pulvérise sur une petite surface grâce à un laser très puissant puis nous fournit ce qu'on appelle un  spectre d'émission atomique, résume Nicolas Mangold. "A partir de ce spectre, nous identifions les différents éléments chimiques de la roche puis on le compare avec d'autres spectres pour lesquels nous connaissons les roches dont ils proviennent afin de voir de quelle roche il se rapproche le plus." Les analyses permettront de cibler les minéraux et les espèces moléculaires éventuellement chargés en carbone, mieux comprendre la géologie aqueuse de Mars durant sa période primitive et plus globalement connaître l'évolution de cette planète.

Arrivé sur Mars le 6 août dernier, et opérationnel depuis le 19 août, le laser ChemCam a déjà "récupéré" une douzaine de spectres de roches martiennes. "On ne s'attendait pas à avoir autant de données aussi rapidement !" souligne Nicolas Mangold. Si les premiers résultats ne seront connus que dans plusieurs mois, "on sait déjà par les missions précédentes que les roches martiennes sont similaires à celles que l'on peut trouver sur Terre, comme des roches basaltiques, mais plus
riches en fer."


D'ici deux mois, le rover atteindra un terrain stratifié situé à 400 m de son emplacement actuel. Une étape intermédiaire avant d'atteindre, d'ici un an, son objectif principal : les strates à la base du mont Sharp, haut de 4 kilomètres. Initialement programmée jusqu'en 2014, la mission Mars Science Laboratory pourrait se voir prolonger de quelques années supplémentaires si les résultats s'avèrent probants.

Mis à jour le 7 juin 2013 par Julien PATRON